Ce que j’apprécie avec le fait d’aller à la médiathèque, c’est que je peux choisir des livres à découvrir complètement au hasard sans que cela ait un quelconque impact : pas de place prise dans ma bibliothèque à cause d’un mauvais choix, ni d’argent dépensé « pour rien ».
Et donc je sélectionne les livres que je vais prendre avec moi de manière très impulsive, des fois je sais même pas de quoi ça parle.
C’est le cas de cette BD, que j’ai prise parce que j’aimais bien le style de la couverture. Je n’ai même pas lu la quatrième de couverture avant, je me suis dit « oh ça a l’air sympa et doudou » et je l’ai prise.
Et, ma foi, je me suis pas trompée.
L’histoire de la BD Cat café est assez simple : on y suit principalement Ophélie, qui prend la suite de sa soeur Miranda en cuisine parce que cette dernière s’est blessée au bras et ne peut donc plus réaliser les douceurs de cet endroit très apprécié de cette île du pacifique.
Au fur et à mesure des pages, quelques petits éléments additionnels se profilent, ajoutant un peu plus de dimension à ce récit de vie. On y découvre également les différentes recettes que réalise Ophélie selon les occasions et les inspirations.
C’est une histoire douce, sans grand rebondissement, qui fait un peu penser aux après midi d’été simples, où le temps s’écoule lentement, au gré des amourettes et des sucreries estivales.
J’ai beaucoup aimé cette lecture qui m’a fait beaucoup de bien pendant une période de santé mentale compliqué. C’est pas l’intrigue du siècle, en tout cas c’est une parenthèse réconfortante que j’ai appréciée.
Les amateurices de chats et de pâtisserie seront particulièrement gâtées avec cette lecture, de même que les cœurs tendres qui apprécient les petites histoires d’amour.
Et les dessins sont magnifiques, avec une palette de couleurs très sympa !
Je suis tombée sur les livres de Sylvain Tesson, complètement par hasard, dans la médiathèque de ma ville, dans la section récits de voyage.
Je ne connaissais pas cet auteur, j’étais très surprise de voir qu’il avait autant écrit sur ses voyages. Il m’était complètement inconnu, sans doute parce que j’ai assez peu lu de récits de voyage auparavant.
Bref, j’ai parcouru les titres disponibles rapidement et puis j’aimais bien le titre de celui-ci alors je l’ai pris avec moi.
Dans ce livre, Sylvain Tesson raconte le voyage qu’il a réalisé, principalement à vélo, de l’Ouzbékistan à la Turquie, en suivant des oléoducs.
Autant dire que cela n’est pas du tout le genre de voyage que je serais susceptible de réaliser, ce qui le rend d’autant plus intéressant : quelle est la motivation ? qu’est-ce qu’il a vécu ? qui a t’il rencontré ?
Le récit est un vrai dépaysement pour moi : je ne connais pas du tout cette région du globe autrement que sur des cartes lors de mes études, une connaissance très scolaire donc. Et le dynamisme de Sylvain Tesson, de son écriture, fait que je ne me suis pas ennuyée, c’est suffisamment varié et rythmé pour qu’on ne se lasse pas.
Devant ce décor, le fatalisme d’un ministre d’Eltsine, Tchernomyrdine, me revient à la mémoire. Un journaliste lui demandait de résumer son bilan. Réponse du ministre, si triste et tellement russe : « Nous avons voulu faire pour le mieux, mais cela a été comme d’habitude. »
Ce qui est dommage, c’est que les cartes en annexe sont absolument illisibles, sans doute du fait du format poche. Elles sont donc inutilisables et n’apportent rien au récit, car elles ne permettent pas de visualiser la route correctement.
L’autre chose qui m’a déplu, c’est qu’il y a régulièrement des propos qui ne sont pas alignés avec mes valeurs personnelles. Des jugements de peuples, de coutumes, religions ou autres qui ne me semblent ni intéressantes, ni importantes et encore moins justifiés.
Bakou, vieille traînée. Entre les jambes de sa baie grande ouverte, elle reçoit sans rien y redire tout ce qui vient du large – déchets, aventuriers, rafiots d’Iran, barcasses de pêcheurs d’esturgeon, flaques d’huile kazakhe et marins russes descendus d’Astrakhan pour se dorer la couenne.
Ce point m’a tellement rebutée que je ne relirai pas d’ouvrage de cet auteur.
La nostalgie est une paresse. Elle autorise à ne pas traquer dans l’époque des raisons de se réjouir. Elle permet de se contenter d’effeuiller les pages des grimoires au lieu d’écrire les propres lignes du temps présent. La nostalgie, fauteuil spongieux qui vous engloutit par le cul, comme si on s’asseyait dans une mangrove. Il est plus facile de cueillir des souvenirs dans le panier du passé que de ramasser les champignons du présent poussés à ses pieds. La nostalgie est un agent désénergisant. Une suceuse.
En résumé, Eloge de l’énergie vagabonde est une lecture en demi-teinte : autant le sujet était très intéressant, autant la forme ne me convient pas du tout.
En travaillant dans l’informatique, souvent, on connaît Ada Lovelace, ne serait-ce que de nom et sa qualité de pionnière de l’informatique.
De là à savoir qui elle était réellement, quel a été son cheminement et quelle a été sa contribution précise, c’est une autre histoire.
Bizarrement, mon côté curieux ne m’avait pas amenée jusque ici à rechercher ces informations. Pourquoi ? Mystère. Sans doute que je trouvais d’autres sujets à explorer avant. Pourtant j’en savais vraiment très peu (pour ne pas dire rien) sur elle.
C’est en croisant ce petit (182 pages en comptant l’appendice) ouvrage à la médiathèque de ma ville que ma curiosité a été piquée. Tellement piquée que je l’ai lu d’une traite, en quelques heures, toute captivée que j’étais.
Le livre commence par le commencement, à savoir une explication des lignées maternelle et paternelle d’Ava : les différentes figures qui la composent, leurs lubies et traits de caractère (pas toujours glorieux, c’est le moins qu’on puisse dire). Cela permet d’inscrire Ava dans son temps et de comprendre les héritages et influences des uns et des autres, ce qui est bien pratique (et intéressant, cela va sans dire).
Une fois cette exploration des origines d’Ava Lovelace effectuée, l’autrice évoque, avec un style punchy et sans langue de bois fort agréable, la courte vie d’Ava. On ne peut clairement pas dire qu’elle ait été épargnée : un père absent, une mère tyrannique, un mariage faiblard, une maternité peu épanouissante et une santé fragile. S’y ajoute un contexte social et politique peu favorable aux femmes et encore moins à leur éducation / curiosité scientifique.
Autant dire que l’expression du génie d’Ava Lovelace, c’était pas gagné.
Aussi, Catherine Dufour nous explique comment et quand Ava a fait la rencontre de ses contemporains, tels Somerville, Babbage, Morgan, Faraday ou Crosse pour ne citer qu’elleux. De bonnes rencontres en recommandations, de salons dans le « monde » en missives, voilà Ava qui se lance dans une collaboration de 20 ans avec Charles Babbage, qui va lui permettre une contribution majeure.
J’ai apprécié découvrir le contexte qui amène à la fameuse note G, premier programme informatique publié de l’histoire (100 ans avant le premier ordinateur !). La note G est un algorithme qui permet de calculer les nombre de Bernoulli sur la machine analytique de Charles Babbage (qui ne verra jamais le jour d’ailleurs).
Précurseur des loop utilisés en programmation informatique, l’algorithme est publié dans le cadre de la traduction que réalise Ava d’un article de Menobrea sur la machine analytique de Babbage : outre la traduction, elle ajoute sept notes étiquetées de A à G, qui permettent d’aller plus loin que la vision qu’à Babbage de la machine analytique.
Les suites de cette collaboration ne sont malheureusement pas aussi flamboyantes qu’on aurait pu l’imaginer et la fin de vie d’Ava est plutôt triste, ce que l’autrice raconte factuellement.
L’appendice du livre permet d’en savoir plus quant à certaines figures qu’Ava a croisé de son vivant, et ce qu’iels sont devenuEs. C’est concis et cela apporte encore plus de contexte à la vie d’Ava Lovelace, en l’inscrivant encore plus dans son époque.
Au final, c’est un petit bouquin fort plaisant, rempli d’informations sans être rabat-joie, ce qui le rend facile à lire et son contenu aisé à comprendre. A mettre dans les mains des personnes curieuses de l’histoire de l’informatique, c’est une bonne introduction pour aller creuser le sujet si l’envie se fait sentir.
Si mes souvenirs sont bons, je me suis achetée la BD Jolis souvenirs de Sid (aux éditions Exemplaire) dans le cadre de la campagne de financement de la BD Des gens qui regardent des gens (toujours de Sid). Il y avait un bundle, que j’ai pris.
Ou alors c’était pas du tout ça, j’ai pris le bundle et après j’ai rajouté la BD Jolis souvenirs parce que j’aime bien avoir le maximum d’œuvres pour un.e même auteurice.
Ce qui était quand même assez surprenant de ma part, parce que je ne « connais » Sid que via ses posts sur BlueSky, donc autant dire que je ne connaissais pas grand chose d’ellui et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre d’autre que ce que je pouvais imaginer avec le titre.
Dans Jolis souvenirs, Sid illustre 40 histoires ou souvenirs, sous forme de BD plus ou moins longues. On retrouve le style de Sid, ce dessin dynamique, franc, libre et expressif, que j’aime bien.
Je sais pas si j’ai raté quelque chose avec le titre, s’il y avait du second degré ou quoi, mais j’ai pas trouvé que toutes les histoires qui soient présentées soient des « jolis souvenirs », du moins pas dans le sens classique de l’adjectif « joli » (« très agréable à voir » dixit Le Robert). Je suis donc un peu décontenancée par certains souvenirs présentés.
Autre chose, je me suis rendue compte (et ça franchement l’auteurice n’y peut absolument rien) que je suis très gênée par les représentations graphiques de l’intimité (personnes qui s’embrassent, nudité, etc.). Ces aspects ne représentent qu’une fraction de la BD, donc c’était pas un gros malaise pour moi, mais j’ai quelques fois été surprise de l’arrivée d’une vignette qui en contenait (et ça m’a un peu cassée dans mon élan).
Au final, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai lu quand je m’imaginais ce dont allait parler Jolis souvenirs et je suis un peu biaisée dans mon opinion. Vraiment j’ai l’impression d’avoir raté quelque chose et que, si je l’avais compris, peut être que je me serais rendue compte que je faisais fausse route.
Je suis pas sure d’avoir été le bon public pour cette BD : le style graphique m’a plu, mais c’était pas mon style d’histoires.
Le changement climatique, son impact sur les faunes, les flores et habitantEs me fait peur.
Et je me sens démunie.
Concrètement, je ne sais pas quoi faire. Bien sûr j’essaye d’agir à mon humble niveau, d’adopter les éco-gestes mais… Est-ce suffisant ? Comment garder confiance en l’avenir ?
Alors je commence à me documenter (oui, c’est peu être un peu tardif, j’en conviens).
J’ai lu beaucoup de bien de ce petit (<120 pages) bouquin sur BlueSky, je me le suis donc procuré. Surtout que le sous-titre, « quelle espérance pour ne pas sombrer ? », me parlait. J’avais / j’ai besoin de lire des choses à ce sujet.
Une chose à savoir sur ce livre, qui m’a un peu surprise mais pas dérangée, c’est que l’auteur fait de nombreuses références à sa foi chrétienne et cite ou fait référence régulièrement à la Bible ou autre textes en lien avec sa foi.
Qu’attendre ? Vers qui crier ? Voici qu’à Draguignan (en mai 2023) s’organise une procession pour demander la pluie. Mais après ? Venir prier et rentrer chez soi en SUV ? Le climat ne s’apaisera que si nous cessons de l’enivrer de carbone. S’il faut prier, c’est pour la conversion écologique de tous. Mais aussi, Seigneur, pourquoi ne vient-elle pas cette conversion ? N’avons-nous pas tout fait pour ? Combien serons-nous à dire comme Marthe : « Seigneur, si tu avais été ici ! » (Jn 11,21).
L’autre chose, c’est que ce livre n’est pas la lecture « paisible » que j’imaginais, c’est même plutôt stressant pour qui est un peu préoccupé par le sujet.
La poésie, elle aussi, a disparu. Je ne sais plus rêver. Devant moi peut bien se déployer un paysage automnal de hêtres couleur d’or au chant mélancolique des rougegorges, ou bien une de ces vieilles fermes à cour carrée qui se dressent là depuis des siècles et feraient se pâmer cent écrivains, une seule pensée me hante : « Tout cela est en train de se vider, de griller, de mourir. » L’inquiétude écologique si légitime emplit tout, accapare tout le cerveau disponible, asphyxie ma pensée. Par elle, je sais qu’il n’y a pas de paix, rien de stable, rien de durable désormais, car tout ce que nous connaissons de doux et de beau est est conduit à l’abîme par son tapis roulant diabolique.
Plutôt anxiogène même, j’ai envie de dire…
Les espoirs raisonnables se sont envolés. Ne nous mentons pas : la catastrophe écologique est l’issue la plus probable, à ce jour, pour nos sociétés de technologie. Elles y vont comme la pierre tombe quand on la lâche.
Reste alors cette folie qu’est l’espérance.
Alors quoi ?
Alors, j’ai pas eu beaucoup de réponses concrètes sur « quoi faire », sans doute parce que à moi seule je ne peux bien sur pas renverser la vapeur. Mon action qui aura le plus d’impact, c’est la voie / voix politique.
J’ai appris sur le métier d’ornithologue, quelques fragments de vécu terrain.
C’était intéressant, mais je n’ai pas réussi à ressentir cette espérance tant attendue. Dommage.
J’ai acheté ce roman, pleine d’attentes et d’espoirs, suite à plusieurs articles très enthousiastes dans la presse et posts plein d’éloges sur X.
Je l’ai mis dans mon calendrier de l’avent en 2024, j’étais impatiente de le lire : j’avais eu déjà deux chiens et un chat dans ma vie, j’étais sure de m’y retrouver.
Je l’ai mis de côté en 2025, j’avais déjà des livres qui attendaient depuis longtemps, alors je ne l’ai ouvert qu’en janvier 2026.
Et là patatras : j’arrive pas à rentrer dans l’histoire.
Pourtant l’histoire est assez simple et universelle : l’auteur raconte dans le roman ses 13 années de vie commune avec son chien Ubac, un bouvier bernois avec un caractère bien à lui.
On découvre avec Cédric les chiots de l’élevage, leur vie à deux puis en famille, leurs balades, les visites chez le vétérinaire, les habitudes, le caractère de chacun.
C’est à la fois du quotidien, du rituel et en même temps de l’exceptionnel, du spécifique… Mais j’accroche pas.
Le style de l’auteur, à la fois ampoulé et légèrement vaniteux, gâche tout à mes yeux : j’aurais aimé une écriture plus simple, plus pragmatique, plus brute.
Les vétérinaires sont des êtres supérieurs. Je ne le dis pas, flagorneur, pour que le sort nous cajole, tout est trop tard. C’est une simple réalité. Ils opèrent un ligament croisé à 8 heures, une tumeur intestinale à neuf, aident à une mise bas à dix, détectent un insondable parasite à onze, soignent un glaucome à douze et sauvent entre-temps un écrasé, les pattes à angle droit, hurlant et gouttant de sang. L’après-midi sera semblable en ce qu’elle ne ressemblera en rien au matin et demain encore. Ils sont spécialistes de tout, font chacun ce qu’une cohorte de dix médecins peinerait à honorer, au milieu de patients infoutus de dire où ils ont mal. Ils baladent leurs compétences scintillantes au travers d’un joli désordre qui miaule, aboie, pue, chante, crie et jamais ne remercie. Le soir, ils saluent leurs aides vétérinaires, montent dans leur voiture qui n’est pas grosse, qui n’est pas noire et qui n’a pas sa place réservée au professeur trucmuche et ils rentrent chez eux le plus à la campagne possible. Demain, leurs patients muets seront à nouveau là, alors il faudra remettre sur le métier cette curiosité humble et diverse, ce qui ressemble à l’intelligence même.
La fin du roman est plus accessible, c’est trop tard et bien dommage, parce que je crois que même si elle est banale cette relation, elle est aussi singulière et elle aurait pu (du ?) être mieux mise en valeur.
Cette première lecture de l’année me laisse un sentiment d’inachevé, à suivre pour les prochaines !
J’ai acheté ce bouquin alors que j’ai une liste de livres que j’aimerais lire absolument gargantuesque et qu’il n’apparaît pas dedans.
Le titre m’a intéressé, la couverture colorée est jolie. Et puis je connaissais déjà l’autrice et j’avais aimé le précédent livre d’elle que j’avais lu.
J’étais dans ma librairie de quartier favorite, pourquoi ne pas se laisser tenter ?
L’histoire
C’est l’histoire du jeune Arnljótur, que son père surnomme affectueusement Lobbi, que l’on suit au fil des pages.
Il a 22 ans et une passion pour les plantes, comme sa défunte mère, et les roses en particulier.
Alors il quitte la maison familiale, laissant derrière lui son père octogénaire et son frère jumeau handicapé, pour aller travailler dans une ancienne roseraie qui jouxte un monastère.
Le roman raconte son voyage, les premiers jours de Lobbi à la roseraie, mais aussi sa vie dans la maison familiale, la relation avec sa famille, sa passion pour les fleurs, Anna et sa petite fille, et tant d’autres sujets qui font la vie d’un jeune de 22 ans.
Le roman est raconté du point de vue d’Arnljótur.
Mon avis
Ce roman est une jolie et douce tranche de vie.
Au début j’étais décontenancée de ne pas avoir de nom de pays ou de ville auquel me raccrocher, pour mieux me situer et mieux imaginer le cadre de vie d’Arnljótur.
Mais en fait cela n’a aucune importance.
Au fil des chapitres, on apprends à découvrir le jeune Lobbi, la relation qu’il entretenait avec son cercle familial, celle qu’il entretien aujourd’hui. On apprend sa passion pour les fleurs, les roses, en particulier la rose à huit pétale, Rosa Candida, qui est centrale au roman, un vrai fil conducteur, une ancre délicate à chaque page ou presque. Le périple vers la roseraie, au départ aux motivations un peu brumeuses, se révèle au fil de l’histoire, des souvenirs du protagoniste principal, de ses pensées.
Il y a des moments cocasses, certaines avec plus de sentiments et d’émotion(s), mais le résultat est léger, comme un pétale de rose qui volète au gré du vent.
Conclusion
Rosa Candida est un super roman pour qui a envie de légèreté un peu candide et maladroite. Points bonus pour les amateurices de voyages et de plantes / fleurs.
Je ne me rappelle plus précisément comment je suis arrivée à acheter ce livre, sans doute une recommandation sur X (anciennement Twitter) ou sur Bluesky. Je suis quasi certaine que la recommandation vient soit de Dr David Masson, soit de Dr Hugo Baup.
D’un point de vue pratique, le livre fait 189 pages (hors bibliographie) et l’édition que j’ai lue est celle des éditions érès. A noter, beaucoup de références aux années 90 dans l’ouvrage, des mises à jour / compléments sont peut être nécessaires.
De quoi ça parle ?
La compétence des familles, écrit par Guy Ausloos, est un condensé d’écrits, de retranscriptions de conférences et de sessions de travail avec les familles de l’auteur dans le cadre de sa pratique en tant que psychiatre et pédopsychiatre.
Le livre, qui peut être lu (comme l’auteur le souligne lui-même) dans n’importe quel ordre, permet au Dr Ausloos de formaliser sa méthode de travail pour collaborer avec les familles en crise qui le consultent, dans le cadre de thérapies familiales systémiques.
Il est découpé en trois parties : le temps (temporalité des familles, de la thérapie familiale, etc.), le chaos (chaos familial qui permet l’activation thérapeutique, chaos comme moteur de changement) et le processus (mode de fonctionnement de la famille, mise en place des dysfonctionnements, approche collaborative thérapeutique). Chacune de ces parties se complètent et éclairent la méthode de travail et les postulats de manière différente.
Pour sa méthode de travail, Dr Guy Ausloos part de deux postulats :
la compétence de la famille : « une famille ne peut se poser que des problèmes qu’elle est capable de résoudre ».
l’information pertinente : « l’information pertinente est celle qui vient de la famille et y retourne ».
Ces deux postulats, qui forment la colonne vertébrale de la méthode de travail présentée dans La compétence des familles, repositionnent les acteurs comme des collaborateurs : le psychiatre et les familles travaillent ensemble pour permettre la circularisation de l’information et l’auto solution. Il n’est pas question ici d’une forme de « suprématie » du psychiatre qui détiendrait le savoir, au contraire : la famille dispose des compétences nécessaires à la résolution du problème, c’est elle qui est actrice du changement. Celui-ci nécessite une diffusion de l’information pertinente pour que chacun puisse comprendre la dynamique qui se joue et pouvoir, via son action, permettre la correction de la situation problématique.
Dit plus simplement, la thérapie familiale systémique ainsi mise en œuvre ne cherche pas à comprendre et verbaliser la cause, mais bien de permettre à la famille de refaire circuler des informations nécessaires à l’homéostasie de ses systèmes (celui de la famille et ceux de ses membres).
Dr Guy Ausloos illustre ses propos tout au long du livre avec des exemples réels, qui permettent de bien appréhender la méthode de travail et la posture du psychiatre lors des entretiens avec les familles.
Mon avis
C’est un livre qui dit s’adresser à toustes, pourtant si je vois bien son intérêt pour les psychiatres / psychologues / professionnels du secteur, il me semble qu’il ne conviendrait pas aux personnes en début de thérapie, certains éléments ne prenant leur sens que lorsqu’ils peuvent être comparés avec un vécu.
Le ton m’a semblé parfois un peu trop « mâle blanc cis hétéro qui s’écoute parler », avec beaucoup de références à son propre travail, ce qui est très paradoxal au vu de la posture très humble du psychiatre présentée dans le cadre de la thérapie familiale systémique. En particulier, l’introduction est indigeste mais pourtant capitale puisqu’elle pose les bases qui sont développées plus tard. Le format du livre, comme un recueil de textes et retranscriptions de conférences, joue sans doute un rôle dans cet aspect redondant.
La compétence des familles est un bouquin très prenant avec des pépites qui mériteraient sans doute un peu plus que quelques lignes : je n’ai pas encore parcouru la bibliographie, mais il me semble que c’est nécessaire après avoir lu ce livre que d’approfondir. Je pense notamment au chapitre 8 sur les processus pathogènes, qui pose des éléments intéressants qui permettrait d’approfondir la partie « processus » mais qui ne va pas plus loin : un peu frustrant !
Conclusion
Ce livre a captivé mon attention et me paraît être une lecture de choix pour quiconque avec un peu de pratique et qui s’intéresse au sujet de la thérapie familiale et dispose d’un peu de temps pour approfondir les éléments présentés.
En préambule, un petit peu de contexte sur ce livre et comment il est arrivé entre mes mains. C’est un de mes collègues, fervent lecteur de Robert Van Gulik, qui me l’a offert parce qu’il pensait qu’il me plairait vu ma « passion » pour la littérature asiatique.
Le livre
Le livre recueille de manière chronologique les affaires qu’a eu a résoudre le juge Ti en début de carrière. Ainsi, on retrouve six histoires :
Traffic d’or sous les T’ang (roman)
Cinq nuages de félicité (nouvelle)
Une affaire de ruban rouge (nouvelle)
Le passager de la pluie (nouvelle)
Le paravent de laque (roman)
Meurtre sur un bateau de fleurs (roman)
A noter que, contrairement au système judiciaire que l’on connaît, le juge s’occupe de toute l’enquête et aussi du jugement des affaires, ce qui permet d’avoir une vue complète de ce qu’il se passe depuis le moment où l’affaire est portée à la connaissance du magistrat jusqu’à sa résolution et à la condamnation des fauteurs de troubles.
Et enfin, pour finir de situer un petit peu les histoires et la spécificité du récit, chaque roman et nouvelle du recueil se déroule en Chine, à l’époque de la dynastie T’ang et est écrite de manière traditionnelle pour les récits de l’époque. Sans rentrer dans des détails que je ne maîtrise pas bien, chaque histoire commence par une introduction des protagonistes avec une mise en situation (un peu comme au début des pièces de théâtre).
Mon avis
En toute honnêteté, je suis un peu partagée pour ce recueil.
J’ai eu un peu du mal à m’habituer au format traditionnel de présenter les histoires et au rythme très lent pour un roman policier (sauf, de façon mécanique, pour les nouvelles qui sont plus courtes).
Pour autant, les enquêtes sont plaisantes et les descriptions agréables. Les personnages, même ceux d’arrière plan, sont très bien décrits, ils sont fouillés et ont une belle consistance.
Malgré tout, je n’étais pas impatiente de retrouver le juge Ti et de poursuivre les récits de Robert Van Gulik, sauf pour les nouvelles auxquelles j’ai bien accroché.
Peut être que lire le recueil sans pause entre chaque enquête n’était pas une bonne idée ?
Au final, c’est une lecture agréable, mais pas transcendante à mes yeux, voire même avec un arrière goût de déception : peut être avais-je trop d’attentes ?
En résumé
Un recueil qui plaira aux amateurs de Chine antique, de rythmes lents , d’enquêtes à tiroirs et de longues descriptions !
Petits contes de printemps n’est pas tout à fait un recueil de contes tel qu’on pourrait les imaginer (ex : les contes d’Andersen), ni même totalement en accord avec la définition du Larousse (conte n.m. Récit, en général assez court, de faits imaginaires).
Ici il s’agit de 25 courtes histoires, certaines étant des tranches de la vie de Sôseki (ex : ses récits de jeunesse en Angleterre).
Pas de « morale » à proprement parler à la fin de chaque récit, chacun d’entre eux ouvrant un espace sur un fait, une situation, une expérience.
Mon avis
Petits contes de printemps est comme une petite promenade qui réserve son lot d’inconnues. Chacune des histoires a son rythme, ses spécificités, son ambiance et ses protagonistes.
Je l’ai lu comme on picore des framboises à l’ombre dans un jardin, c’est-à-dire que j’ai pris mon temps, celui de bien savourer chaque mot, chaque fait, chaque histoire du début à la fin.
Sôseki est un auteur que j’aime beaucoup, avec un style épuré, que je qualifierais même de cristallin. Son écriture est fluide et juste, rien de superflu, rien qui ne manque. L’écriture de Sôseki, c’est une évidence.
En résumé
Petits contes de printemps est un petit format (moins de 140 pages !) ce qui permet de prendre son temps, d’apprécier chaque histoire sans forcément vouloir tourner frénétiquement les pages pour savoir ce qu’il va se passer ensuite, chaque conte étant plutôt indépendant des autres.
Amatrices et amateurs de courtes histoires variées propices à la visualisation des scènes, ce livre est pour vous !
Si vous êtes intéressés par d’autres livres de Sôseki et que vous souhaitez en savoir plus, voici quelques articles qui parlent de ceux que j’ai déjà lus et qui pourraient vous intéresser :