En travaillant dans l’informatique, souvent, on connaît Ada Lovelace, ne serait-ce que de nom et sa qualité de pionnière de l’informatique.
De là à savoir qui elle était réellement, quel a été son cheminement et quelle a été sa contribution précise, c’est une autre histoire.
Bizarrement, mon côté curieux ne m’avait pas amenée jusque ici à rechercher ces informations. Pourquoi ? Mystère. Sans doute que je trouvais d’autres sujets à explorer avant. Pourtant j’en savais vraiment très peu (pour ne pas dire rien) sur elle.
C’est en croisant ce petit (182 pages en comptant l’appendice) ouvrage à la médiathèque de ma ville que ma curiosité a été piquée. Tellement piquée que je l’ai lu d’une traite, en quelques heures, toute captivée que j’étais.

Le livre commence par le commencement, à savoir une explication des lignées maternelle et paternelle d’Ava : les différentes figures qui la composent, leurs lubies et traits de caractère (pas toujours glorieux, c’est le moins qu’on puisse dire). Cela permet d’inscrire Ava dans son temps et de comprendre les héritages et influences des uns et des autres, ce qui est bien pratique (et intéressant, cela va sans dire).
Une fois cette exploration des origines d’Ava Lovelace effectuée, l’autrice évoque, avec un style punchy et sans langue de bois fort agréable, la courte vie d’Ava. On ne peut clairement pas dire qu’elle ait été épargnée : un père absent, une mère tyrannique, un mariage faiblard, une maternité peu épanouissante et une santé fragile. S’y ajoute un contexte social et politique peu favorable aux femmes et encore moins à leur éducation / curiosité scientifique.
Autant dire que l’expression du génie d’Ava Lovelace, c’était pas gagné.
Aussi, Catherine Dufour nous explique comment et quand Ava a fait la rencontre de ses contemporains, tels Somerville, Babbage, Morgan, Faraday ou Crosse pour ne citer qu’elleux. De bonnes rencontres en recommandations, de salons dans le « monde » en missives, voilà Ava qui se lance dans une collaboration de 20 ans avec Charles Babbage, qui va lui permettre une contribution majeure.

J’ai apprécié découvrir le contexte qui amène à la fameuse note G, premier programme informatique publié de l’histoire (100 ans avant le premier ordinateur !). La note G est un algorithme qui permet de calculer les nombre de Bernoulli sur la machine analytique de Charles Babbage (qui ne verra jamais le jour d’ailleurs).
Précurseur des loop utilisés en programmation informatique, l’algorithme est publié dans le cadre de la traduction que réalise Ava d’un article de Menobrea sur la machine analytique de Babbage : outre la traduction, elle ajoute sept notes étiquetées de A à G, qui permettent d’aller plus loin que la vision qu’à Babbage de la machine analytique.
Les suites de cette collaboration ne sont malheureusement pas aussi flamboyantes qu’on aurait pu l’imaginer et la fin de vie d’Ava est plutôt triste, ce que l’autrice raconte factuellement.
L’appendice du livre permet d’en savoir plus quant à certaines figures qu’Ava a croisé de son vivant, et ce qu’iels sont devenuEs. C’est concis et cela apporte encore plus de contexte à la vie d’Ava Lovelace, en l’inscrivant encore plus dans son époque.
Au final, c’est un petit bouquin fort plaisant, rempli d’informations sans être rabat-joie, ce qui le rend facile à lire et son contenu aisé à comprendre. A mettre dans les mains des personnes curieuses de l’histoire de l’informatique, c’est une bonne introduction pour aller creuser le sujet si l’envie se fait sentir.