A qui appartient la beauté ? – Bénédicte Savoy

Lors de mes passages à la médiathèque, j’essaye d’aller vers des sujets ou des auteurices qui me sont pas ou peu connus. J’essaye aussi, de plus en plus, de lire des autrices ou des auteurices non binaires, leur travail étant régulièrement invisibilisé au profit d’auteurs masculins.

C’est ainsi que je suis arrivée, dans la section « arts » sur ce livre de Bénédicte Savoy, intitulé A qui appartient la beauté ?

Photo de la couverture du livre de Bénédicte Savoy intitulé "A qui appartient la beauté ?". On y voit une photo du buste de Néfertiti de profil.

Ce livre pose la question de la possession et de la propriété des œuvres d’art, des objets de musées, au regard de leurs voyages dans différents pays, des contextes géopolitiques, des lois de marché, des « accords militaires ».

J’avoue que je m’étais jamais posée la question, croyant naïvement que les œuvres dans un musée étaient le fruit d’accords honnêtes. Je ne m’étais pas non plus interrogée sur le manque pour un peuple lié à l’absence un objet de son patrimoine sur ces terres, du vide laissé.

L’autrice s’appuie sur 9 exemples pour illustrer le sujet et pouvoir se poser la question, question pour laquelle il n’y a pas de réponse simple.

Photo de la quatrième de couverture du livre de Bénédicte Savoy intitulé "A qui appartient la beauté ?". On peut notamment y lire le texte suivant : La beauté n'appartient sans doute à personne. Mais qu'en est-il des objets que les musées ont élevés au rang d'art et qui font leur orgueil ? Appartiennent-ils au lieu qui les a vus naître ? A la culture dont ils incarnent le génie ? Aux esthètes éclairés qui se les ont appropriés ? A l'humanité entière qui y accèderait par l'intermédiaire d'institutions dédiées à leur conservation ? Mais comment alors justifier que certains jouissent de ce patrimoine réputé universel quand d'autres en sont tenus éloignés ? Peut-être faut-il d'abord se demander comment ces objets sont concrètement parvenus jusqu'à nous et ce que leurs pérégrinations révèlent de notre histoire, de ses violences et asymétries, symboliques ou réelles. S'ils ont suscité là où ils sont arrivés des fécondations esthétiques inattendues, ils ont aussi creusé là où ils manquent des blessures encore vives.

J’ai aimé ce livre, le propos est clair, accessible, argumenté et propice à la réflexion. Pour chaque exemple, il y des petites cartes qui synthétisent les voyages des objets, les décisions qui les ont favorisés et l’année à laquelle ils ont eu lieu, ce qui est pratique pour voir les mouvements d’un coup d’œil.

Je recommande, cette lecture est très intéressante.

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