Mnêmosunê
Les petits riens forgent de belles existences…
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Author: Mnêmosunê

Auprès de moi toujours – Kazuo Ishiguro

7 avril 20126 avril 2012

On pourrait croire que je choisis mes livres de part l’adaptation qui en est faite au cinéma. Il n’en est rien. Si j’ai choisi les deux derniers parce que j’en avais entendu beaucoup de bien, celui-ci a été sélectionné pour son titre. Je n’avais jamais entendu parler de l’histoire, ni même de l’auteur, mais le titre m’a interpellée : « Auprès de moi toujours » c’est poétique, non ?

Auprès de moi toujours(Pardon pour la qualité de la photo, prise hier soir alors qu’il faisait nuit…)

Ce roman, assez singulier, relate les vies de Kath, Ruth et Tommy. C’est d’ailleurs Kath qui raconte l’histoire. Le livre commence Kath est accompagnante depuis presque 12 ans, elle a un peu plus de trente ans. Dans la première partie du livre, elle évoque ses souvenirs d’enfance à Hailsham dans les années 90. Hailsham est une école assez idyllique de la campagne anglaise, où les enfants sont éduqués dans l’idée que leur bien être est essentiel à la société. Ils bénéficient d’un solide encadrement, la part belle est donnée au sport, aux divers enseignements, dont l’art. La seconde partie relate l’adolescence de Kath, Ruth et Tommy, puis leur vie de jeunes adultes.

C’est un roman qui m’a beaucoup intriguée parce qu’il ne révèle que peu à peu les objectifs d’Hailsham, ce qu’est le métier d’accompagnante qu’exerce Kath. Les personnages sont assez singuliers, avec des traits de caractère bien marqués. Ruth est un brin manipulatrice, Tommy un peu colérique et Kath naïve. Mais ils sont tous transportés par un altruisme et une candeur assez touchants.

Il est assez difficile de parler de ce livre sans en révéler l’intrigue, ce qui serait fort dommage tant le roman est bien construit. Je dirais donc juste que sans le savoir, j’ai choisi un livre qui m’a touchée, remuée. C’est difficile pour moi d’expliquer pourquoi, parce que c’est assez intime, mais ce livre, au delà de mon histoire personnelle qui influence forcément l’appréciation que l’on a d’un roman, a soulevé quelques questions en moi.

Peut être en sera-t-il de même pour vous…

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L’amour dure trois ans – Frédéric Beigbeder

6 avril 2012

Décidément, en ce moment, je ne suis pas vraiment à la page en ce qui concerne l’actualité littéraire. Pendant quelques temps, j’ai surtout lu des livres de développement personnel ou assimilés, et ai délaissé la littérature, de quelque pays que ce soit.

Quoi qu’il en soit, ce que je vous propose aujourd’hui, c’est un livre qui n’est pas passé inaperçu ces derniers temps puisqu’il a été adapté au cinéma il y a peu…

L'amour dure trois ansL’histoire, tout le monde la connaît (ou presque): Marc Marronnier est chroniqueur mondain. Après avoir vécu l’idylle et s’être marié avec Anne, l’ennui s’installe dans le couple et, au bout de 3 ans donc, le divorce est prononcé. Le livre relate donc cette histoire d’amour, la séparation, les états d’âme de Marc suite à sa séparation, sa rencontre avec Alice, l’ensemble des tourments que le protagoniste principal rencontre finalement.

C’est le premier livre de Beigbeder que je lis, je ne suis donc pas familière de son style. Je l’ai trouvé assez incisif, cru parfois, notamment lors de la description de la phase sombre que traverse Marc. J’ai tout de même trouvé que c’était assez drôle, l’ironie est bien présente et elle se mêle bien avec le récit (p 69).

Un jour le malheur est entré dans ma vie et moi, comme un con, je n’ai plus jamais réussi à l’en déloger.

L’amour le plus fort est celui qui n’est pas partagé. J’aurais préféré ne jamais le savoir, mais telle est la vérité : il n’y a rien de pire que d’aimer quelqu’un qui ne vous aime pas – et en même temps c’est la chose la plus belle qui me soit jamais arrivée. Aimer quelqu’un qui vous aime aussi, c’est du narcissisme. Aimer quelqu’un qui ne vous aime pas, ça, c’est de l’amour.

C’est un livre que j’ai lu assez vite, pendant lequel je me suis reconnue parfois (mais pas dans la description des dîners mondains, d’ailleurs cela ne me donne pas du tout envie d’y participer, bouh !), que j’ai trouvé divertissant. Je n’ai pas vu l’adaptation au cinéma, je ne sais donc pas ce que vaut le film, mais le bouquin est bien.

Je me demande même si je ne vais pas attaquer un autre de ses bouquins… Sauf que je ne sais pas vraiment lequel choisir ! En tout cas, si vous cherchez un ouvrage accessible, divertissant et qui ne vous émotionne pas outre mesure, celui-ci est fait pour vous !

Bonne lecture !

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Comme une déception…

5 avril 20123 avril 2012

Dans l’épisode précédent…

(Lisez l’article, sinon vous n’allez pas comprendre !)

Et maintenant, à peine 6 mois plus tard…

Stan Smith déchirée(Vous pouvez cliquer sur l’image pour voir en plus grand) (rien qu’en petit ça me tord les boyaux) (alors quand je les vois en vrai…)

Si vous ne voyez pas le problème, la chaussure s’est donc déchirée sur 5cm, côté extérieur du pied gauche. Pied qui apparemment est maudit puisqu’il y a plusieurs mini-déchirures en préparation (dont une juste derrière la grande). Le pied droit par contre ne déplore pas de déchirure aux niveau des coutures (le cuir est juste complètement élimé sur le dessus des orteils).

Une catastrophe quoi, alors que je prends grand soin de ces chaussures. 105€  (hors frais de port) pour moins de 6 mois d’utilisation ?

Inutile de préciser qu’une lettre de réclamation est partie mardi en recommandé vers le service client Adidas en Allemagne (tant qu’à faire…).

Déception, je crie ton nom.

(Et du coup, je suis à la recherche d’une nouvelle paire de baskets noires…)

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La vie devant soi – Romain Gary

4 avril 20123 avril 2012

La vie devant soi - Romain GaryJe ne sais plus vraiment comment je suis arrivée à me dire qu’il fallait absolument que je lise un roman de Romain Gary. Je me rappelle juste qu’il y a une des blogueuses que je suis qui en est résolument fan.

C’est ainsi, alors que je faisais une commande de livres (pour « rentabiliser » les frais de port des piles que j’achetais à ce moment là…) (logique n’est-ce pas?), j’ai acheté celui-ci (entre autres), sans connaitre l’histoire, juste en ayant lu le titre.

Alors l’histoire justement, c’est celle de Momo, un jeune garçon arabe, et Madame Rosa, une vieille femme juive. C’est une histoire d’amour entre ces deux là, une histoire de respect, une histoire d’accompagnement. Chacun a son caractère et des idées parfois assez arrêtées, l’un découvrira certains aspects de la vie, l’autre se battra contre la maladie.

C’est un livre à la fois poignant par son histoire, et très drôle par le style, puisque l’histoire est racontée du point de vue de Momo, qui mélange parfois les expressions ou ne les utilise pas à bon escient. C’est un peu la signature du livre, les mots déformés ou les expressions détournées, comme en témoigne l’extrait suivant (p228):

– Ils vont pas me faire avorter à l’hôpital.

Je disais toujours rien. Je lui tenais la main. Comme ça, au moins, je mentais pas.

– Combien de temps ils l’ont fait souffrir, ce champion du monde en Amérique, Momo ?

J’ai fait le con.

– Quel champion ?

– En Amérique ? Je t’ai entendu, tu en parlais avec Monsieur Waloumba.

Merde.

– Madame Rosa, en Amérique, ils ont tous les records du monde, c’est des grands sportifs. En France, à l’Olympique de Marseille, il y a que des étrangers. Ils ont même des Brésiliens et n’importe quoi. Ils vont pas vous prendre. A l’hôpital, je veux dire.

(Dans ce passage, une mention spéciale pour mon père) (je l’ai pris, entre autres, rien que pour cela) (huhu)

Ce livre, je l’ai lu en un rien de temps. J’ai aimé le style, le dynamisme, la couleur des différents protagonistes. L’histoire est poignante, émouvante jusqu’au bout. J’ai malgré tout bien ri en lisant certains bon mots de Momo (« proxynète », « travestite » ou « la rumeur d’Orléans »).

En 1975, le Goncourt a été donné à un roman qui prend aux tripes et qui fait fonctionner les zygomatiques. Ce qui prouve que ce n’est pas incompatible.

Bref, si vous ne l’avez pas lu, foncez, c’est une merveille.

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La délicatesse – David Foenkinos

28 mars 201228 mars 2012

Pour ce livre, j’arrive clairement après la bataille. Pourtant cela fait un moment que je voulais le lire. J’en avais entendu parler dans le magazine Psychologies (l’auteur y écrit une chronique), mais je ne me sentais pas disposée à le lire. Je m’attendais à une histoire quelque peu « gnangnan » et je voulais donc avoir un état d’esprit adapté pour lire un roman qui parle d’amour: il faut bien avouer que lire ce que je pensais être un roman à l’eau de rose lorsqu’on se morfond soi-même de son célibat ce n’est pas forcément une idée géniale. Et puis, après avoir fini mon livre sur Bali, j’ai regardé ma pile de livres à livre et j’ai finalement entamé celui-ci…

La délicatesse - David FoenkinosEt quel coup de cœur ! Je l’ai littéralement avalé en deux jours, profitant du moindre moment disponible (et pourtant ces derniers temps je n’en ai que très peu !) pour lire quelques pages.

Le titre me faisait penser que le roman serait quelque peu « mou du genou », mais ce n’est pas du tout le cas ! L’histoire est dynamique, j’ai beaucoup aimé les petits apartés comme  les trois livres préférés de Nathalie, les dictons ridicules (qui n’a jamais entendu « un de perdu, dix de retrouvés » ?) ou les résultats de ligue 1 (soit disant que des matches nuls, mais Bordeaux avait gagné quand même !).

J’ai aussi aimé la sensibilité et l’analyse de l’auteur quant à certaines situations. Certains passages ont particulièrement résonné en moi, comme celui-ci (p183):

Le sentiment amoureux est le sentiment le plus culpabilisant. On peut alors penser que toutes les plaies de l’autre viennent de soi. On peut penser, toujours dans la folie, d’un mouvement presque démiurge, que l’on est au cœur du cœur de l’autre. Que la vie se résume à un vase clos des valves pulmonaires. Le monde de Markus était celui de Nathalie. C’était un monde entier et totalitaire, où il était à la fois responsable de tout et moins que rien.

Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous le conseille chaudement. C’est un roman qui m’a transportée, qui m’a vraiment émue par moments. Voilà quelques temps que je n’avais pas autant vibré en lisant et je suis contente d’avoir eu ce livre entre mes mains. Quel bonheur tant de délicatesse !

PS : Ce qui est rigolo aussi, c’est que, sans avoir vu le film, j’ai imaginé Audrey Tautou et François Damiens en train d’intéragir. Et c’était plutôt bien ! Mais du coup, je crois que je ne verrai pas l’adaptation au cinéma tout de suite…

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Un peu de créativité #3

27 mars 201210 novembre 2012

Quelles sont les histoires que vous avez lues ou entendues et dont vous vous souvenez ?
Je me rappelle avoir lu pas mal de choses seule ou lorsque mon papa nous faisait la lecture. Je me rappelle aussi avoir vu en cassette vidéo des contes, mais pour la majorité je ne serais pas capable de raconter l’histoire au complet.
De tête, je dirais le Petit Prince, la Belle et la Bête, les 3 petits cochons, le petit chaperon rouge, la petite sirène, Jack et le haricot magique, Cendrillon, Peau d’Âne, les Contes des 1001 nuits, la Belle au bois dormant, Hansel et Gretel, Aladin, le Roi lion, Fantasia, Peter Pan…
Je suppose que les nombreuses BD (Boule et Bill, Gaston Lagaffe, Achille Talon…) que mon père nous lisait étant petits ne comptent pas.

Quelle est l’histoire que vous préférez ?
La Belle et la Bête. C’est bizarre, parce que, petite, je me sentais assez proche de Belle pour le côté rêveur et toujours dans les livres, un peu en dehors de la réalité. J’avoue que je lui enviais son courage et sa beauté… Mais je n’aimais pas mon apparence, ce qui me rendait colérique, et du coup, je me sentais quand même assez proche de la Bête, j’avais l’impression de comprendre sa douleur.
Ce qui m’a plu dans l’histoire c’est le fait de pouvoir dépasser une première impression négative et d’arriver à aimer quelqu’un pour ce qu’il est et non pour ce qu’il parait. Et puis c’est une représentation de l’amour en tant que sentiment beau et fort…

La Belle et la Bête - Disney
Source : Disney.fr

Quelle est celle qui vous a le plus perturbée ?
La petite sirène mais pas la version de Disney, celle d’Andersen. Je me rappelle que c’est une histoire très triste, dans laquelle la sirène souffre beaucoup. Il me semble qu’elle n’arrive pas à se faire aimer du prince et qu’elle meurt à la fin. C’est vraiment une histoire qu’il m’a marquée (et l’image dessous c’est la version que j’ai vue) (après avoir vu celle de Disney, je vous raconte pas le choc).

La petite sirène - version japonaise
Source : Anime-Kun

Quel personnage de conte de fées ou de mythologie choisiriez-vous d’être ?
Pour la mythologie, vous pouvez aller voir la page « A propos« .
Pour le personnage de contes de fées, je pense, justement, que je choisirais d’être une fée bienveillante, qui aide les autres à accéder au bonheur.

Si l’on vous accordait 3 vœux à exaucer, quel serait votre choix ?
J’avais bien pensé à supprimer la guerre, la méchanceté, la cruauté, toutes ces choses du même acabit, mais en y réfléchissant ce serait un peu stupide. En effet, la paix n’a de sens qu’avec la guerre, la gentillesse avec la cruauté…

Faire des vœux à un niveau « global », c’est quand même assez compliqué, parce que les répercussions négatives auxquelles je n’aurais pas pensé de prime abord pourraient toucher des innocents. Donc j’ai choisi de faire des vœux pour moi.

  1. Savoir vivre le moment présent, sans me préoccuper du passé, sans angoisser pour l’avenir. Lâcher prise et relativiser quoi.
  2. M’aimer. Pour en arriver à ce vœu là, il m’a fallu un moment quand même. Au début j’ai pensé à « être amoureuse » mais c’est déjà le cas (sauf que c’est pas réciproque). Ensuite je me suis dit « être aimée » mais si ça se trouve c’est déjà le cas et si ce n’est pas réciproque c’est pas forcément très bénéfique. Enfin j’ai pensé à « l’amour réciproque » mais par exemple, c’est le cas avec des amis ou des membres de ma famille, donc ce serait un coup d’épée dans l’eau. M’aimer (ce qui devrait être la base) (mais en fait non) ça m’a semblé bien, puisque ce n’est pas le cas actuellement.
  3. Le dernier, grosse difficulté aussi. Je me disais qu’offrir l’opportunité à tout le monde de faire 3 vœux ce serait bien aussi. Et puis je me suis dit que non, c’était pas une bonne idée (doit bien y en avoir qui souhaitent des trucs complètement pourris, genre une guerre nucléaire, raser un pays ou que sais-je encore…). Et puis sélectionner ce ne serait pas équitable. Bon. Donc finalement, je souhaite apprendre et créer. Tout le temps. Toute ma vie. Peut être qu’avec ça, j’arriverai à faire quelque chose qui adoucisse les rugosités de la vie ? Peut être que je serais plus ouverte sur le monde ? Peut être que je comprendrais plus de choses ? Ça me semblait intéressant…

 

Pour lire les articles sur le sujet des mois précédents, c’est par ici : Janvier, Février.

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Bali – Sekala & Niskala

26 mars 201225 mars 2012

Il y a presque un an, je faisais, avec mon grand-frère du Canada (j’ai un « vrai » grand-frère en France, mais la personne avec qui je suis partie, c’est mon frère de cœur, et ce, depuis 2005), mon premier voyage en Asie.
Alors que je devais partir au Japon, c’est à Bali que nous avons posé nos valises et fêté nos anniversaires respectifs (certes, avec un peu de retard, mais l’idée c’était ça) (et de se revoir aussi).

Sur le coup, je ne suis pas sure d’avoir bien pris conscience de ce que je voyais, de ce que je vivais. Et pourtant, je suis certaine que lorsque j’en parle, j’ai des étoiles plein les yeux. Je n’attendais rien de ce voyage, je n’en espérais rien si ce n’est un peu de repos et de dépaysement et je crois que j’ai pris une des plus belles leçons de ma vie, une belle leçon de vie.

Sekala & NiskalaLorsque nous nous sommes arrêtés au Bali Eco Stay, au milieu des rizières, loin de toute ville, j’ai commencé à emprunter des livres dans la salle où nous prenions nos repas. Je voulais en apprendre plus sur cette île, son histoire, sa culture, son folklore. En parcourant un gros livre sur l’histoire de l’île (impossible de me rappeler le titre, grand-frère si tu passes par là, c’est celui que tu as acheté à ta maman !), j’ai découvert une histoire, une âme, un folklore, une culture…

Sekala & Niskala
Un des calendriers en vigueur à Bali

Nous avions déjà visité quelques temples et musées, mais c’est véritablement à Ubud, ville culturelle par excellence de l’île, que j’ai commencé à m’intéresser à me laisser atteindre par cette culture. Les différents lieux historiques ou musées que nous avons visités m’intriguaient. C’est en discutant avec les locaux, en assistant aux représentations de danse et à une cérémonie de temple que j’ai commencé à être fascinée, à vouloir grappiller des informations, à comprendre.

Sekala & Niskala
L'astrologie

Je voulais comprendre pourquoi tel jour est plus favorable que tel autre pour organiser certains rites de passage, pourquoi les offrandes ne sont pas partout pareilles, pourquoi les danseurs balinais bougent les doigts et les yeux de cette manière, alors que leur visage reste complètement neutre…

Sekala & Niskala - offrandes
Le petit panier d'offrandes, préparé chaque jour

Alors un jour que nous étions à Ubud et que nous faisions un peu de shopping, nous nous sommes arrêtés dans une librairie. J’y ai acheté ce livre pour avoir quelques réponses à mes questions, de quoi assouvir ma soif de connaissances.

Sekala & Niskala - Prière
Scène de prière à l'Odalan

Ce livre s’intitule Sekala & Niskala, ce qui signifie « ce que l’on voit et ce que l’on ne peut pas voir ». Ce titre me paraît bien résumer ce que j’ai pu vivre là bas: il y a les offrandes et les prières (ce que l’on voit) faits dans un ordre bien précis, pour une divinité, pour que les forces s’équilibrent (ce que l’on ne voit pas)…

Sekala & Niskala - Barong
En vrai, ce personnage est très intriguant...

Avec ce livre, j’ai pu commencer à entrevoir certains rouages (le calendrier balinais, c’est une usine à gaz, très difficile à comprendre pour nous occidentaux et pourtant terriblement fascinant !), apprendre des mythes (celui, justement, autour du Barong est vraiment fascinant), les us et coutumes finalement.

C’est un ouvrage très dense, détaillé. Si l’anglais n’est pas une barrière pour moi, j’ai clairement pris mon temps pour le lire, petit à petit, tous les soirs. Je n’aurais pas pu le lire d’une traite, j’avais besoin de temps pour assimiler, décortiquer (encore !). En tout cas c’est un ouvrage intéressant.

Tellement intéressant que j’ai presque envie de retourner à Bali pour voir si j’appréhende l’île, ses habitants, son folklore de manière différente… Une invitation au voyage et à l’ouverture en somme…

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Smasher ?

25 mars 2012

Il y a quelques temps, je ne sais plus trop par quel jeu de liens, je suis tombée sur ceci : SMASH Book from K&Company (Vidéo)

J’ai été tout de suite séduite par l’idée du produit. J’aime écrire, j’aime amasser de belles images ou des souvenirs. Mais je mixe rarement ces deux facettes. Alors l’idée de faire quelque chose de joli et créatif avec ces deux activités m’enchante particulièrement.

Aujourd’hui, j’écris principalement sur un grand carnet moleskine. Parfois j’y colle des coupures de journaux mais l’inconvénient de ce carnet c’est que les feuilles des pages sont fines, elles « gondolent » donc quand je mets des points de colle. Et le masking tape ça file vite !

Je suis donc allée sur le site de la marque mentionnée dans la vidéo, histoire de voir les produits disponibles et les tarifs. Lors de ma première visite, ils ne livraient pas en France. Le smash est donc un peu sorti de ma tête, jusqu’à ce que je recolle des coupures de journaux dans mon carnet moleskine et que cela m’agace de voir les pages gondoler.

Et pof !

Commande SMASHVu comme cela, il y a beaucoup de choses, et pourtant je n’ai acheté que 3 articles : un kit SMASH rose (pour être assorti au canapé, huhu), un tampon encreur (en bas sur la photo) et des petits « marques pages » (juste à gauche du carnet sur la photo de groupe).

Dans le kit SMASH rose, il y avait tout le reste, donc beaucoup de choses ! Sur la photo de groupe ci-dessus, on peut voir : des trombones (avec des petits « flags ») (sur la gauche de la photo) et un SMASH pen (un embout stylo bleu, un embout colle) (sur la droite de la photo) qui arrive en plus de celui fourni avec le carnet.

SMASH Pad occasions spécialesIci, un SMASH Pad pour les occasions spéciales (anniversaires, Noël, etc.). Ce bloc-note propose plusieurs mises en pages et thèmes (les événements, les cadeaux, la décoration, etc.). Le format, ni trop grand, ni trop petit permet d’être synthétique et de se concentrer sur l’essentiel.

Sur la droite de la photo, on aperçoit des attaches parisiennes numérotées et un petit bloc a feuillets style post-it.

SMASH Pad FamilleUn second SMASH Pad, sur le thème de la famille celui-ci. Là encore, plusieurs design et thèmes sont proposés. Ce bloc m’enchante un poil moins que le précédent, mais je suis sure que je trouverais quoi en faire !

SMASH PocketsIci ce sont des SMASH Pockets. Il y en a 6 différents dans le paquet et ils permettent de garder les petits éléments que l’on peut difficilement coller. Sur ce design il y est mentionné les pierres précieuses, personnellement je n’en ai pas des masses (sauf sur des bagues), mais pour des fleurs séchées, des plumes cela peut être assez pratique.

Tampon encreurLe tampon encreur, que j’ai donc acheté en plus du kit, m’a rendue complètement hystérique, ou presque. Je le confesse, j’adore les tampons encreurs. J’en ai déjà quelques uns, mais aucun qui date ! Et celui-ci propose en outre quelques petites phrases mignonettes ! A noter, pas de bloc d’encre fourni avec, il faut donc en avoir.

Et si on passait au carnet à proprement parler ? C’est un très bel objet, bien fini.

Première page - SMASH bookA l’intérieur, une petite page en espèce de papier calque qui présente bien l’idée de l’objet, ce pour quoi il a été conçu. J’aime beaucoup les typographies, le style enjoué.

SMASH Book - Page fleurieLes différentes pages du carnet ont chacune un style différent. On aime ou pas, mais chacune a une âme. J’aime bien le côté un brin désuet et vintage de celle-ci.

SMASH Book - IntérieurJ’adore le message de la page de droite. Je trouverais presque dommage de mettre des choses dessus, j’aurais peur de l’abîmer ! Ce que j’apprécie plus que tout c’est que les pages sont épaisses, comme du bristol un peu. Elles sont lisses et douces, très agréables au toucher.

SMASH Book - Pages rosesInutile de préciser que je suis très enthousiaste de mon achat. Je ne sais pas encore trop comment m’y prendre (c’est toujours le problème avec les beaux objets, on a peur de les abîmer en les utilisant), mais j’ai plein d’idées. Je me disais même que je pourrais en faire un album photo, je crois que ce serait très joli.

En ce qui concerne le prix, je trouve que c’est très honorable : pour l’ensemble j’en ai eu pour environ $50, frais de port inclus. A noter, les frais de port sont quand même assez élevés (environ $15). La livraison est un peu longue aussi (4 semaines je crois).

Si néanmoins vous êtes intéressés pour vous offrir un kit ou autre, j’ai trouvé un code qui offre 10% de réduction : BLOG10 (la preuve).

Il n’y a plus qu’a smasher maintenant…

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April Snow

21 mars 201225 mars 2012

Synopsis :

Après avoir appris que leurs époux respectifs avaient provoqué un accident de voiture, In-su et Seo-young se rendent à l’hôpital. C’est ainsi qu’ils découvrent que leurs époux étaient amants. Déchirés entre l’amour et la colère, ils vont se rencontrer, s’aimer à leur tour et partager les mêmes peines.

April SnowCe film sud Coréen est un bijou de sensibilité. Les personnages sont attachants et crédibles.

L’histoire se déroule petit à petit, les protagonistes se découvrent lentement, s’apprivoisent, se font part de leurs peines et de leur colère, rendent visite à leurs époux respectifs qui sont plongés dans le coma.

Un quotidien commence à se mettre en place, avec les petites habitudes. L’amour entre In-su et Seo-young s’installe, au début de manière pudique et maladroite, puis de plus en plus assumé et affiché.

L’amour qui nait est touchant, pourtant j’ai trouvé l’histoire particulièrement injuste avec l’un des protagonistes, qui subit beaucoup plus de moments difficiles que l’autre.

Le final est néanmoins assez réussi, toujours avec cette empreinte asiatique, ce flou qui laisse libre cours à l’imagination.

Si vous aimez les histoires d’amour douces sur fond de situation dramatique, ce film est pour vous !

PS : Rien à voir avec le sujet, mais c’est le 100ème post…

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Salut, j’ai besoin d’aide mais je n’ose pas en demander*.

20 mars 201218 mars 2012

Samedi, je suis allée faire mes courses à la Biocoop. Jusque là, rien de bien transcendant : mon réfrigérateur était vide, je suis donc allée faire des emplettes.
J’empoigne mon caddie, je sélectionne un petit chou, des panais, des patates douces, des radis, des asperges, des poireaux, des bananes, du poulet, de la saucisse, des céréales… Bref, je fais mes courses.

A la caisse, devant moi, une dame avec une petite fille et un caddie plus que plein. Du coup, j’en profite pour aller me chercher une petite courge, elle est jolie, je n’en ai jamais cuisiné des comme cela. De toute façon, c’est le week-end, j’ai le temps, j’attends patiemment. La dame règle, sa petite fille me sourit et me fait « au revoir » avec son lapin-doudou, les deux sortent lentement en poussant le chariot bien chargé.

C’est à mon tour de passer en caisse. Je rapporte mon petit caddie à l’entrée du magasin, je range mes emplettes dans mon petit sacacourses, je règle (et non ce n’est pas plus cher que le supermarché), je sors et je me dirige vers ma voiture.

Cat VS human - Help
L'image est tirée du blog Cat VS human (cliquez sur l'image pour y accéder).

Sur le petit parking, je retrouve la dame et sa petite fille qui remplissent le coffre de leur voiture. Je suis garée à côté d’elles.

Je les regarde, et je me rends compte que la dame est enceinte, elle a le ventre bien rond (un bon 6 mois à la louche). La petite regarde sa mère qui range un par un les items dans le coffre. Mais elle ne peut pas aider, elle est trop petite, elle pourrait se blesser. Le chariot est encore plus que plein. La dame a l’air de souffrir, elle procède lentement, sortant chaque item un par un pour le ranger dans le coffre. Elle a l’air complètement perdue, dépassée par la tâche.

J’ouvre le coffre de ma voiture, je demande à la dame si ça va. Elle a l’air gênée, elle me répond que oui, qu’elle prend son temps, elle me sourit. Je range mon sac dans la voiture, je referme mon coffre. Je me rends bien compte qu’elle ne s’en sort pas, qu’elle a l’air d’avoir des douleurs, son visage est fatigué, marqué par quelque chose qui n’a pas l’air du tout drôle.

Je lui demande si elle veut que je l’aide à ranger ses paquets. Elle est vraiment gênée, elle me dit qu’elle va s’en sortir. J’insiste un peu, c’est lourd pour elle, il fait chaud, il y a beaucoup de vent, elle pourrait se blesser ou attraper du mal, j’en aurais pour 5 minutes.

Finalement elle accepte, me demande si je peux lui mettre le paquet là qui est lourd à l’avant. Sauf que des gros paquets, il y en a plein. Je prends le « paquet lourd » (qui doit faire, en fait, genre 3kgs à tout casser), elle me demande si ça va, je lui répond qu’il n’y a pas de problème, j’ai déjà déménagé le futon d’une amie (celle au manteau orange) avec une entorse, je peux bien porter un paquet. Je lui souris. Je cale le paquet, sans rien lui demander je prend un des autres, je lui demande où je le mets, elle me dit que c’est pas la peine, qu’elle va se débrouiller, tout ça. Je lui réponds que quitte à y être, autant finir, il n’y en aura pas pour longtemps et cela ne me dérange pas, au contraire.

Je range donc ses paquets un à un dans sa voiture. Pendant ce temps, plusieurs personnes sortent de la Biocoop, de tous âges et de toutes conditions physiques, ils nous regardent avec un air à moitié dédaigneux pour les uns, plein de pitié pour les autres. Certains feront même semblant de ne pas nous voir. Aucun ne viendra porter main forte, même pour les 4 packs d’eau ou les 5L d’huile d’olive (en plein cagnard, avec un vent à décorner les bœufs) (je le répète).

Je finis de tout ranger, je vérifie que tout est bien calé dans le coffre et ne risque pas de se briser ou de bouger pendant le voyage (rien de pire qu’un truc qui se désolidarise du reste à cause d’un coup de frein**) . J’aide la petite fille à se mettre dans son siège enfant et à accrocher la ceinture de sécurité pendant que sa mère, plus que confuse apparemment, ramène le chariot vide.

Elle revient, me remercie plusieurs fois, elle me dit que « c’est rare et précieux les gens comme vous », elle pleure. Elle a l’air tellement fatiguée et tellement soulagée à la fois.

Je lui dit qu’elle peut rentrer tranquille, tout est bien accroché, de faire attention sur la route et que c’est normal d’aider quelqu’un dans le besoin, que ça me fait plaisir.

Tout le monde rentre dans sa voiture, un petit signe de la main pour se dire au revoir alors que 10 minutes avant on ne se connaissait pas, chacun met le contact et quitte le parking tranquillement.

Sur le chemin pour rentrer à mon appartement, je me demande si quelqu’un, à son retour, pourra l’aider à décharger le coffre. Je me demande si je n’aurais pas du lui proposer de boire un peu d’eau avant de prendre le volant. Je me demande si je n’aurais pas dû lui proposer de l’accompagner. Je suis contente de l’avoir aidée, je me rassure en me disant qu’elle a sans doute un mari qui l’attend et qui l’aidera. C’est ce que j’espère du moins.

Et depuis que je suis arrivée sur ce parking, face à une femme démunie, épuisée et en proie à des douleurs vraisemblablement terribles, des questions.

Dans quel monde vit-on pour laisser des gens qui ont besoin d’aide dans la merde ?
Dans quel monde vit-on pour que les gens pleurent de soulagement quand quelqu’un vient, enfin, leur prêter main forte ?
Dans quel monde vit-on pour que ceux qui ont besoin d’aide aient honte ou peur de demander ?
Dans quel monde vit-on pour que les gens vous regardent avec dédain ou pitié et restent dans leur confort ?
Dans quel monde vit-on pour que la compassion ait à ce point disparu ?

Parfois, j’ai honte de vivre dans ce monde là, où règne le « marche ou crève ». Mais je suis fière d’avoir fait ce geste altruiste. Et j’ai l’espoir, qu’après tout, nous ne sommes peut-être pas nombreux, mais qu’il existe d’autres personnes qui, comme moi, aideront leurs semblables en cas de problème, seront là pour apaiser une souffrance ou apporter un peu de réconfort.

« Qui sème le vent, récolte la tempête ».

Alors semons de l’amour, de la compassion, de l’empathie, de l’entraide.

 

* Cet article fait écho au (sublime) article de Gazelle sur la solitude de nos petits vieux. Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez le retrouver là. Et je vous invite sincèrement à le lire. Parce qu’on oublie trop souvent la réalité et la solitude auxquels sont confrontés nos aïeuls. Et qu’avec peu de choses, on peut faire beaucoup.

**Ça c’est du vécu. Se dire qu’on va crever parce qu’on s’est bouffé un fossé et que le chevalet de peinture risque de vous flinguer la nuque parce que vous le voyez arriver à toute vitesse dans le rétroviseur, je vous jure que c’est une drôle de sensation. Tout comme la valise qui a quitté le siège arrière pour vous percuter le dos. Après ça, on vérifie 25 fois que le coffre est rempli de manière intelligente. Et on ne met plus rien qui risque de bouger sur le siège arrière.

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Bonjour ! Je suis Mnêmosunê, croqueuse de chocolat noir, lectrice invétérée, créatrice curieuse et artiste dans l'âme. Depuis 2021, j'ai deux minettes noires adorables, deux sœurs, Orphée et Cassiopée. Sur ce blog je partage mes expérimentations et états d'âme : on en parle ensemble ? ♥

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