J’aurais voulu être un artiste…

A chaque fois que je reviens ici, c’est la même rengaine. Je monte dans ma chambre et je pars en quête de certaines choses, toujours les mêmes. Bien entendu, en venant une fois par an, j’ai parfois du mal à retrouver mes petits.

Alors je feuillette pour la énième fois mes livres sur la peinture, le dessin, l’aquarelle avec un nœud dans la gorge. Quelque chose au fond de moi qui ressemble parfois à de la tristesse, de la nostalgie, de l’inquiétude, de l’envie. Pour être honnête, je ne sais pas vraiment ce qu’il y a là dessous. Mais les émotions qui remontent ont, années après années, la même vigueur, la même forme je crois aussi.

Et puis je continue à chercher, j’appelle mon père et ma belle-mère parce que je ne trouve pas. Je me rappelle l’avoir vu quelque part, peut être dans la chambre bleue, mais quand ? Peut-être qu’il a été déplacé depuis ?

Finalement, on met la main dessus. Alors je repars dans ma chambre, je ferme la porte et puis j’ouvre.

Peintures et dessinsLa chemise à dessin et à peinture. Toujours le même rituel : je les regarde un par un, je me rappelle de mon professeur Odile, de son atelier, de l’odeur de la peinture à l’huile, du fusain sur mes doigts, de la chevelure flamboyante de la grande rousse qui prenait des cours elle aussi, du nettoyage de pinceau. Tant de choses qui reviennent à la surface, inlassablement.

Années après années, j’aime toujours autant les regarder (d’ailleurs, ceux qui suivaient mon précédent blog se rappellent peut être de certains d’entre eux, que j’avais déjà montré à l’époque alors que je rentrais chez mon père pour les vacances). Mes dessins et peintures préférés, ce sont toujours les mêmes. Le dessin que je cherche sans jamais savoir où il a atterri c’est toujours le même aussi (un dalmatien devant une cheminée, fait en peinture à l’huile et au couteau).

Dans cette chemise, il y a environ 10 ans de cours. 10 ans qui ont sans doute permis à mes parents de souffler un peu parce que je ne dessinais plus à la craie sur les armoires, parce que je ne demandais plus trop souvent des cahiers ou des feuilles que je noircissais à la vitesse de l’éclair, parce que je n’arrachais plus, faute de support, les feuilles blanches des bouquins pour dessiner dessus.

Je me demande si je n’ai pas « su » dessiner avant de savoir écrire. Remarquez que lorsque j’ai su écrire (enfin, bien écrire s’entend), la rengaine infernale pour avoir des feuilles a repris de plus belle. J’écrivais sur le « corps » de la feuille et dans les marges je dessinais tout et n’importe quoi. Quiconque regarderait mes cours de collège et lycée trouveraient sans aucun doute une cargaison de dessins. Même au bac et plus tard aux concours des écoles de commerce, j’ai embarqué les feuilles de brouillon, les vierges et les pas vierges, parce que, parfois, pendant les épreuves, j’avais un brin d’inspiration et que je m’écartais du sujet initial. Ou au cas où j’aurais une inspiration subite et qu’il me faudrait absolument une feuille de ce coloris là (ce n’est jamais arrivé). Peut être même qu’en fouillant un peu dans les archives, on pourrait retrouver un des nombreux manuscrits que j’avais commencé…

ChevaletParfois je me demande si je n’ai pas raté ma voie (quand bien même je fais un travail qui m’amuse et dans lequel je suis reconnue et appréciée).
Parfois je me demande si j’aurais du persister à vouloir faire littéraire option arts plastiques et théâtre, vouloir faire les Beaux-Arts à Paris (au lieu de ça, j’ai donc fait un bac ES et une école de commerce, et je travaille dans l’informatique, bien loin de la création).
Parfois je me demande pourquoi, un jour, j’ai arrêté tout ça, alors que quand j’étais petite je voulais « écrire des histoires et faire des dessins »
Parfois je me demande pourquoi, depuis le temps que j’ai arrêté et que cela me taraude de reprendre, eh bien je n’ai pas vraiment repris.
Parfois je me demande si un jour j’arriverai à dessiner et peindre à nouveau, à ne plus avoir peur de ce crayon, ce fusain ou ce pinceau.
Parfois je me demande si un jour j’arriverai à apprécier ce que je créé, sans me tirer une balle dans le pied en me disant que c’est pas bien, que ça sert à rien, que j’ai pas de talent, qu’après tant d’années sans pratiquer j’ai tout perdu, que je n’y arriverai pas.

Alors hier, dans l’après midi, je suis allée chercher mon chevalet dans la chambre bleue, je l’ai dépoussiéré, je l’ai trouvé beau, je l’ai pris en photo,  je l’ai mis dans le coffre de la voiture avec les livres de peinture et de dessin, j’ai écrit cet article et  j’ai pleuré.

Voilà des années que je voulais le prendre avec moi, sans jamais oser. Alors on rentre à la maison (avec La Tortue quand même) et on verra bien ce qui se passe.

Peut être que, finalement, cette année,  j’arriverai à peindre, prendre des cours aux Beaux-Arts et être une artiste ?

4 thoughts on “J’aurais voulu être un artiste…

  1. Moi je n’ai jamais été douée en dessin, mais j’admire ceux qui le sont.
    De mon côté, c’était plutôt l’écriture, je crois qu’au fond de moi je crois toujours qu’un jour, j’écrirai quelque chose, que ce soit un article qui serait publié ou un petit livre personnel, mais je sais bien que ça n’arrivera pas. Un peu pareil pour la photo.
    Mais je continue à faire ces choses pour moi-même, je photographie énormément et écris toujours un peu sur le blog… Et je m’en contente. A tort ?
    😉
    Bisous

    1. Quand j’étais petite, je disais que « quand je serais grande, je ferais des dessins et j’écrirais des histoires ».
      Et bizarrement, j’y pense toujours.
      Je ne sais pas si cela se fera, mais d’un côté, je me dis que si je ne fais rien, ça ne risque pas d’arriver tout seul.
      Et le point de départ, c’est de faire pour soi, non ?

      Ah et rien à voir avec la choucroute, mais j’ai reçu ta carte, merci ! (elle est trop belle) (je prends tes bons plans aussi, c’est une destination qui m’intéresse 😛 )

      Bisous :love:

    2. 🙂

      Cool qu’elle soit arrivée.
      Bah on a fait un voyage un peu à l’arrache sans rien réserver à l’avance, même si on avait défini à peu près un timing et un parcours, mais ça se fait plutôt bien comme ça.
      Le jour où t’y vas, petit mail et je te dirai tout 😉

      Et merci pour l’info sur les backlinks, j’ai du coup désactivé l’option coupable.
      Bisous !

    3. T’es partie avec qui ? Combien de temps ?
      De rien pour les backlinks, je me suis dit que c’était pas trop normal, donc autant te prévenir !
      Bon dimanche, bisous !

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