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Category Archives: Culture

Voyage au-delà de mon cerveau – Dr Jill Bolte Taylor

23 octobre 201422 octobre 2014

Avant toute chose, je me doute bien que Voyage au-delà de mon cerveau (My stroke of insight est le titre original) n’est pas forcément un titre qui vous aurait enjoint à acheter un livre, ni à lire l’article qui en parle.
Et pourtant, si vous le voulez bien, laissez-moi vous parler un petit peu de ce livre, qui n’est rien de moins que mon coup de coeur de Septembre, et sans aucun doute très très bien placé pour le top 10 de l’année (ça vous dit un top 10 des livres que j’ai lu et qui m’ont le plus plu ?).

Jill Bolte Taylor est une scientifique américaine spécialisée en neuroanatomie. Diplômée de Harvard, elle a officié en psychiatrie puis s’est spécialisée en neurologie notamment pour comprendre la schizophrénie, maladie dont est atteint son frère.

Jill a donc pour travail d’étudier le fonctionnement du cerveau. Et elle va notamment étudier le sien, puisqu’à 37 ans elle est victime d’un AVC dans son hémisphère gauche. C’est toute l’histoire de l’AVC (déroulement, prise de conscience, etc.) et de sa rémission (qui a pris 8 ans certes, mais rémission complète quand même) que ce livre relate, avec bien entendu le retour d’expérience de l’auteur.

Mnemosune-Taylor-Voyage-cerveau

Le corps humain me fascine et notamment le cerveau (il n’y a pas que cela, mais ça fait partie de la liste interminable de choses qui m’intéressent). Cela va peut être vous paraître complètement incongru, mais je trouve quand même assez incroyable que quand on se coupe le doigt, ça se répare, que quand on mange un aliment, tout un tas de processus se mettent en route pour qu’on puisse assimiler les nutriments, etc.

Je ne suis pas du tout une scientifique (j’ai fait des études dans l’économie et le commerce), mais de temps en temps j’aime bien me documenter et apprendre de nouvelles choses dans ces domaines-là. Oh bien sûr je n’ai pas les compétences pour tout vérifier, loin de là, mais comme cela vient assouvir ma curiosité, je suis contente.

Et donc ce livre, qui est très accessible (pas besoin d’être un spécialiste du cerveau pour comprendre, il y a des petits schémas, il est vraiment abordable), ce n’est pas vraiment une étude, c’est plus un témoignage, quand bien même on apprend quelques petites choses sur le cerveau (en gros : quel hémisphère s’occupe de quoi).

Je l’ai trouvé très émouvant, pas triste, ça non, mais plutôt gai (si, si), avec beaucoup de bons sentiments. J’ai particulièrement été touchée quand l’auteur raconte comment sa mère (G.G. dans l’extrait ci-dessous) s’est occupée d’elle pour lui réapprendre à parler, marcher, distinguer les formes et les couleurs, etc.

G.G. a pressenti qu’il fallait me soigner en stimulant mes connexions neuronales le plus rapidement possible. La plupart de mes neurones souffraient d’un traumatisme mais mon hémorragie n’avait détruit qu’un très petit nombre d’entre eux. En principe je ne devais pas me rendre chez l’orthophoniste ou le kinésithérapeute avant l’intervention, ni au cours des quelques semaines qui suivraient. En attendant, je ne demandais pourtant qu’à apprendre ! Les neurones se développent en formant entre eux des réseaux complexes alors que, seuls dans leur coin sans la moindre stimulation, ils finissent par dépérir. G.G. et moi voulions à tout prix que mon cerveau récupère : nous avons ainsi profité de mon moindre regain d’énergie sans perdre un instant.

8 ans pour une rémission complète, est-ce qu’on serait capables d’accompagner son fils/sa fille, son compagnon/sa compagne, son frère/sa soeur ou encore son père/sa mère dans un tel challenge, en étant convaincu que les choses vont se remettre, que les connexions vont se refaire, que les capacités vont être recouvrées ?
Est-ce que nous même, avec une telle épreuve à traverser, nous aurions la force, l’envie, la foi de nous battre ?

Alors oui, bien entendu que Jill raconte l’expérience de son point de vue, avec son schéma de pensée : parfois il peut y avoir quelques passages un peu à connotation « mystiques », notamment quand elle raconte ce qu’elle a ressenti en se retrouvant « dans son cerveau droit ».

Néanmoins c’est une histoire qui m’a beaucoup touchée, qui m’a permis de réfléchir sur certains sujets que je n’avais pas envisagés jusqu’alors. C’est tellement beau cette rémission, petit à petit, sans se décourager ou presque face à la tâche.

Une belle leçon de vie.

Vous connaissiez ?

Bonne journée !

PS : Jill Bolte Taylor a aussi fait une conférence Ted que vous pouvez retrouver ici. Les sous-titres sont décalés, la présentation fait beaucoup plus « récit d’expérience mystique » que le livre, mais l’émotion est là, peut être que cela vous incitera à en savoir plus.

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Le moine qui vendit sa Ferrari – Robin S. Sharma

14 octobre 201431 mai 2015

Je dois être dans une période « récit initiatique », je ne vois pas comment je pourrais expliquer autrement le fait qu’en un mois et demi, sur 6 livres lus, 3 relèvent de cette catégorie (oui, oui, ça fait bien la moitié). Peut être que j’ai besoin d’histoires avec un sens, je ne sais pas.

Toujours est-il que la personne qui m’avait prêté Les dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle, m’a aussi prêté Le moine qui vendit sa Ferrari de Robin S. Sharma, me disant qu’il était drôle et bien fait.

Dans ce cas, pourquoi refuser ?

C’est l’histoire de Julian Mantle, un ténor du barreau qui a réussi : carrière florissante et pleine d’éloges, la richesse, du succès auprès des femmes, une vie sociale bien rempli, et une Ferrari. Tout pour être heureux finalement.

Ou presque.

Parce que un jour, en pleine plaidoirie, Julian fait une crise cardiaque. L’occasion pour lui de se poser des questions sur le sens qu’il veut donner à sa vie, sur le bonheur. Pour en apprendre plus sur lui même, il entreprend un voyage dans l’Himalaya afin de rencontrer un peuple de sages et d’en apprendre plus.

Une fois rentré au pays, complètement transformé, il vient relater son histoire et ce qu’il a appris à un ami proche.

Mnemosune-sharma-le-moine

Si l’histoire est loin d’être originale (l’occidental qui travaille trop, qui a « réussi » et qui pourtant se retrouve au cœur d’une crise existentielle),  j’ai trouvé que les idées, les enseignements présentés, sont plutôt bons : certains sont de bon sens (celui qu’on oublie parfois), d’autres plus fouillés (le kaizen) et la présentation sous forme de fable est sympathique (même si les symboles sont parfois un peu déroutants, comme par exemple le câble rose).

Et pourtant, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas été émue, l’histoire ne m’a pas touchée, je ne me suis pas sentie concernée, le personnage de Julian Mantle ne m’a ni paru sage, ni intéressant.

Oui les conseils sont bons, par contre la forme ne me convient pas du tout : j’ai trouvé la qualité de langue passable (beaucoup trop de fautes de syntaxe, de tournures très lourdes, de fautes d’orthographe…), trop inégale. Parfois j’ai eu l’impression de lire le dialogue de deux hommes qui se félicitent à chaque fois que l’autre parle même s’il ne dit rien d’exceptionnel sur fond de mysticisme. Au final l’histoire a juste une saveur artificielle, il manque la dimension « récit ».

A vrai dire, la fable seule, sans tous les dialogues creux entre Julian Mantle et son ami, aurait été largement plus intéressante, si elle avait été un peu plus fouillée (ce qui a, apparemment, été fait dans un livre à part).

Donc, en résumé, vous l’aurez compris, je ne le recommande pas : l’histoire manque de fluidité, de naturel, de crédibilité, ce qui fait perdre l’intérêt pour tout le reste. Quitte à lire un roman initiatique, tournez vous vers Paulo Coelho ou Laurent Gounelle, et si vous cherchez des fables / contes, tournez vous vers Clarissa Pinkola Estes, qui, à mes yeux, sont beaucoup plus aboutis, réussis, et percutants.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Bonne journée !

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Les dieux voyagent toujours incognito – Laurent Gounelle

4 octobre 201431 mai 2015

Quand on m’a prêté Les dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle, je n’étais pas vraiment emballée : non pas que la personne qui me l’a prêté ne me l’avait pas bien « vendu » (au contraire !) mais plutôt que je gardais un sentiment d’attente non comblé de son premier opus, L’homme qui voulait être heureux.

A vrai dire, je ne me rappelle plus grand chose, si ce n’est rien, de cette première rencontre avec les livres de Laurent Gounelle, tout du moins en termes d’histoire. Par contre, je me souviens très bien m’être dit en refermant le livre « et alors, qu’est-ce que j’en fais de ça, qu’est-ce que cela m’apporte ? ».

A cette époque, je cherchais sans doute plus un manuel avec une méthode à appliquer qu’un récit initiatique dans le style de Paulo Coelho, ce qui devait donc expliquer mon manque d’enthousiasme à son sujet. Et puis, quelques temps plus tard, j’ai été confrontée à un peu le même genre de lecture, celle qui fait dire que c’est bien beau tout ça, mais après ? Pourtant, ce livre là (Le bonheur d’être soi de Moussa Nabati), quand je l’ai relu quelques temps plus tard, il m’a beaucoup plus parlé, il a plus résonné en moi, finalement il m’a beaucoup plu. Peut être que c’était le bon moment que je le lise, et qu’avant c’était trop tôt.

C’est peut être un phénomène (?) fréquent pour ce qui est des récits initiatiques ou des livres de développement personnel : pour en retirer les bienfaits, peut être qu’il faut que ce soit le bon moment pour nous, dans notre cheminement personnel et les questionnements qui vont avec.

Tout ça mélangé a fait que juste après avoir lu Jane Eyre, je me suis attelée à lire Les dieux voyagent toujours incognito.

Bon, peut être que la quatrième de couverture a joué aussi. Et le fait que je n’aime pas avoir un livre laissé tout seul dans son coin, sans même lui avoir donné une chance (si toi aussi tu personnifies tes objets, depuis ta voiture jusqu’aux livres et à tes chaussures, tu sais de quoi je parle).

mnemosune-gounelle-les-dieux

L’histoire c’est celle d’Alan Greenmore. Alan traverse une passe difficile : après une enfance pas franchement marquée par l’amour familial et un entourage aimant, le voilà en France, à Paris dans la spirale du quotidien. Oh jusqu’ici Alan s’en sortait plutôt bien malgré le travail qui prenait une tournure qu’il ne lui plaisait pas vraiment, il était amoureux, il avait des projets. Et puis la rupture, ce sentiment de vide, de n’être aimé par personne, d’être inutile : à quoi bon continuer ? Alan se rappelle avoir lu un article sur le meilleur endroit pour se suicider à Paris : c’est décidé, ce soir, il en finira avec cette existence sans but.

Pourtant au moment fatidique, voilà un inconnu, qui surgit de nulle part et qui tout d’un coup fait voler en éclats la détermination d’Alan à se suicider. Il lui propose même un pacte étrange : l’inconnu lui sauve la vie si Alan lui promet de faire tout ce qui lui demandera. Alan est pris dans ses émotions contradictoires, et pourtant il accepte. Ainsi commencent les rendez-vous avec l’inconnu, Dubreuil, les challenges à relever. Au fur et à mesure des épreuves, sa vie devient plus distrayante, Alan remonte la pente mais…

Qui est vraiment ce Dubreuil ? Lui veut-il vraiment du bien ?

Contre toute attente (enfin, les miennes surtout), j’ai bien aimé ce livre. Déjà parce qu’il y a une vraie trame, une vraie histoire derrière : Alan qui veut en finir ne trouvant plus de sens à sa vie, les missions de Dubreuil, le questionnement pour savoir qui est vraiment le bienfaiteur (en est-il vraiment un ?). L’ensemble de l’histoire se tient, Alan raconte ses expériences, ses ressentis, ses échecs, ses doutes, ses espoirs, ses victoires.

Avec mes dernières lectures, je me rends compte que j’accorde beaucoup d’importance aux ressentis des personnages, à la manière dont ils les formulent, dont ils évoluent. Le personnage d’Alan, timide, réservé mais tellement plein de bonne volonté est touchant, on rit des situations cocasses, on se demande comment on vivrait la mission à sa place, comment on percevrait l’enseignement.

Mais est-ce qu’on le percevrait  (p177 )?

Qu’il s’agisse d’un échec, d’une maladie, ou des vicissitudes du quotidien, on n’a pas toujours envie d’accepter le « cadeau », ni le réflexe de le déballer le message caché qu’il contient : nous faut-il apprendre la volonté, le courage ? Ou au contraire le lâcher-prise sur ce qui a peu d’importance ? La vie me demande-t-elle d’écouter un peu plus mes envies et mes aspirations profondes ? de prendre la décision d’exprimer les talents dont elle m’a paré ? De cesser d’accepter ce qui ne correspond pas à mes valeurs ? Qu’ai-je besoin d’apprendre dans cette situation ?

C’est vivant, on a l’impression de le connaître depuis un moment Alan, et on cherche comme lui à percer le mystère : qui est vraiment Dubreuil ?  Comment a-t-il pu arriver au bon moment, au bon endroit, et, au final, quand le « jeu », le pacte, prendra-t-il fin ?

Et justement, c’est ce qui tient l’histoire, ce personnage énigmatique de Dubreuil : une fois qu’on l’a rencontré, qu’on a commencé à voir les challenges qu’il propose, on se demande pourquoi il le fait, quel est son but à lui, quel bénéfice il en retire ?

En bref, une bonne lecture divertissante et pleine de bons rappels, vous savez ces choses que l’on sait mais que l’on oublie d’appliquer, ces petits riens qui peuvent améliorer mine de rien une existence et qui passent trop souvent à la trappe.

Pour tout vous dire, j’ai même acheté le dernier Gounelle qui est sorti (Le jour où j’ai appris à vivre) et j’ai très hâte de le commencer. Peut être même que je vais relire L’homme qui voulait être heureux.

C’est dire s’il m’a plu ce roman.

Bonne journée !

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Jane Eyre – Charlotte Brontë

1 octobre 20142 août 2016

Il faut que je vous dise, ces derniers temps je n’ai pas chômé d’un point de vue de la lecture. Bon en vrai, mais je suppose que vous l’avez déjà remarqué, je n’ai pas chômé tout court, d’où parfois quelques difficultés pour venir mettre à jour mon petit bout de web, alors que pourtant j’ai bien des choses à vous raconter.

La preuve, en Septembre, j’ai lu 4 livres, tous intéressants à leur niveau. La lecture, lorsque les temps sont un peu agités au niveau du travail me permet de me mettre dans une bulle protectrice, de m’évader, de rêvasser.

Le premier livre que j’ai fini le mois dernier est Jane Eyre de Charlotte Brontë. Livre qui m’était illustrement inconnu jusqu’à ce que je me perde dans les méandres de la section d’ebooks Kindle gratuits sur Amazon et que je me rende compte qu’il était bien noté. Ni une, ni deux je l’ai mis dans mon panier, téléchargé sur ma machine bien aimée et, lorsque j’ai eu fini les livres que j’avais précédemment téléchargés, je me suis attelée à sa lecture (oui, je lis les livres dans l’ordre où je les achète, ça ne sert à rien de particulier si ce n’est que cela évite que j’en oublie un dans les méandres du Kindle / de mon placard où on ne voit rien / ma mémoire qui préfère se concentrer sur un bon chaï latté plutôt que de se remémorer les livres que j’ai dans ma pile à lire) (c’est que j’ai des priorités dans la vie vous voyez).

Donc Jane Eyre (pardonnez moi pour les multiples digressions, je suis juste tellement contente d’avoir pu me libérer un peu de temps pour écrire ici que j’ai envie d’écrire des kilomètres) (mais rassurez-vous, je vais essayer d’être concise quand même), c’est en fait l’histoire de la fameuse jeune femme dont le patronyme fait office de titre.

Jane nous raconte son histoire, depuis son enfance chez sa tante, plutôt malheureuse (c’est à dire qu’être humiliée et maltraitée par sa famille ne fait pas partie de ce que j’appellerais une « enfance heureuse ») (et sur ce point là la narratrice est plutôt d’accord avec moi, même si elle passe beaucoup de temps à avoir des paroles très dures vis à vis d’elle même), puis son internat à Lowood où elle commence à s’épanouir, n’en déplaisent les conditions déplorables dans lesquelles elle vit (et les drames qui en découlent), son expérience de gouvernante à Thornfield et enfin (pas tout à fait en fait, mais je vais pas tout vous raconter non plus, lisez-le plutôt) son errance dans les landes.

source : amazon
source : amazon

Ce roman fait la part belle aux sentiments, à l’analyse et aux expériences que connaît Jane. Même si au début j’ai eu du mal à rentrer dans le roman, ayant un peu peur de quelque chose d’un peu ennuyeux, dès qu’elle arrive à Lowood, l’intérêt point à l’horizon et à partir de ce moment là j’ai bien eu du mal à laisser le livre pour me reposer ou faire autre chose : je voulais tellement savoir ce qu’il allait se passer, si cette jeune femme plein de bon sens, de piété, de ferveur, de bons sentiments allait s’en sortir, si cette histoire d’amour qui s’immisce, alors qu’on ne s’y attendait pas plus que cela, allait se concrétiser ou non, les enseignements et l’analyse que Jane allait faire au fur et à mesure de ses aventures.

Aventure sera peut être un mot un peu trop fort au goût de certains tant il est vrai que Jane, bien que très courageuse, tenace et loyale (dans le bon sens de ces termes), n’en est pas, tout de même, une aventurière sur des contrées lointaines. Cependant, son parcours singulier, riche de rebondissements plus ou moins faciles (souvent moins que plus d’ailleurs) vient teinter le récit d’une pointe de suspense : que va-t-il lui arriver après ? Comment va-t-elle se sortir de cette situation ? Quel enseignement va-t-elle tirer de cette expérience ?

J’ai beaucoup aimé le ton du récit, qui m’a semblé juste et qui donne encore plus de caractère à la protagoniste principale. J’ai aimé ses analyses quant à ses sentiments, ses descriptions poétiques de son environnement, comme en témoigne cet extrait :

Bessie descendit dans la cuisine, et m’apporta une petite tarte sur une assiette de porcelaine de Chine, où l’on voyait des oiseaux de paradis posés sur une guirlande de boutons de roses. Cette assiette avait longtemps excité chez moi une admiration enthousiaste; j’avais souvent demandé qu’on me permit de la tenir entre mes mains et de l’examiner de plus près; mais jusque-là j’avais été jugée indigne d’une telle faveur; et maintenant qu’elle était placée sur mes genoux, et on m’engageait amicalement à manger la délicate pâtisserie qu’elle contenait, faveur inutile, venant trop tard, comme presque toutes les faveurs longtemps désirées et longtemps refusées ! Je ne pus manger la tarte; le plumage des oiseaux et les teintes des fleurs me semblèrent flétris.

Une belle découverte donc que ce livre déniché au cours de pérégrinations sur le web, un petit parfum suranné et pourtant attachant, une belle qualité de langue…

J’ai aimé, tout simplement. Et vous ?

Bonne journée !

PS : Je n’ai pas vu les films qui ont été adaptés de ce livre, si vous en avez vus, est-ce qu’il y en a un qui vaut le détour ?

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Le livre de la jungle – Rudyard Kipling

10 septembre 20142 août 2016

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais dans mon cas, le Livre de la jungle est l’un des premiers Disney que j’ai vu. En fait, je ne saurais dire lequel est le premier que j’ai vu, mais j’ai des souvenirs assez précis, même si anciens de ce dessin animé, et notamment des personnages (Bagheera, Shere-Kahn, Baloo, Mowgli). Je confesse que l’histoire en elle-même me faisait un peu défaut.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai trouvé le livre de la Jungle dans les ebooks Kindle gratuits, que j’ai téléchargé et que je me suis empressée de lire.

Peut être est-ce par nostalgie ou par envie de renouer avec la petite fille en moi que j’ai choisi ce livre, je ne sais pas. En tout cas, j’ai été surprise par cet ouvrage !

Source : Chapitre.com
Source : Chapitre.com

Car contrairement à ce que je croyais, le Livre de la Jungle, ce n’est pas seulement l’histoire de Mowgli, mais plutôt un recueil de nouvelles : certaines évoquent les aventures de Mowgli, d’autres sont complètement déconnectées de cette histoire, comme par exemple la nouvelle Le Phoque blanc, qui se passe en Alaska.

En lisant les nouvelles je n’ai pas retrouvé les souvenirs du Disney de mon enfance, je suppose que la firme de dessin animé a pris ses libertés pour établir son film, mais j’ai néanmoins passé un excellent moment : les nouvelles sont divertissantes, les petits chants du début et à la fin de chaque nouvelle sont super mignons, les histoires sont rythmées, etc.

C’est un très joli ouvrage, pour les petits comme pour les grands, peut être plus pour les grands d’ailleurs, j’avoue que je ne me rends pas trop compte.

Et comme il existe un Second livre de la jungle, je vais essayer de le trouver et de voir la suite des aventures de Mowgli (certaines nouvelles lui sont consacrées) et des animaux du monde.

Une bien belle lecture en somme.

Bonne journée !

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Baby balloon

2 septembre 20141 septembre 2014

Samedi après midi, contre toute attente et avec beaucoup d’enthousiasme, je suis allée voir Baby Balloon avec un copain (j’ai dit « un », pas « mon », ne vous emballez pas) (il est gay).

Je dis « contre toute attente » parce que, en général, j’ai le don pour choisir un film qui, certes me plaira beaucoup (j’ai rarement vu des films que j’avais choisi et qui ne me plaisaient pas) mais qui n’enchante pas grand monde sur le papier. Malgré tout, si les horaires et le lieu peuvent convenir, je continue à proposer à mon entourage de m’accompagner, on ne sait jamais.

Justement.

Je ne connais pas bien les goûts de celui qui m’a accompagné samedi, peut être qu’il aime bien les films qui mettent à l’écran des histoires de femmes puisque c’est aussi avec lui que j’ai vu Suzanne et Gabrielle.
Je ne sais pas. Mais j’aime bien de temps en temps partager des moments comme ça, c’est agréable.

L’histoire de Baby Balloon, c’est celle de Bici une jolie jeune femme qui chante dans un groupe de rock, accompagnée de trois amis dont Vince son meilleur ami dont elle est secrètement amoureuse.

Bici est jeune, Bici est pétillante, Bici est extravagante, Bici est ronde, Bici est drôle, Bici est attachante, Bici porte la culotte dans son groupe, Bici est forte, elle qui vit sa vie entre mère acheteuse compulsive et grand-mère confidente sous assistance respiratoire.

Et puis un soir, ça chahute dans les loges entre Vince et Bici, et ce qui devait (?) arriver arrive : Vince et Bici s’embrassent. Bici est aux anges. Vince regrette tout de suite. Anita qui vient ajouter son grain de sel à l’histoire. Un des amis qui joue les « zone tampon ». Un amoureux transi un brin pot de colle. Un agent véreux et trop intéressé. Des mots déchirants comme des bombes, des non dits qui transpercent.

Patatras.

Le masque de la « fille ronde et drôle » vient de s’effriter, se fendiller, laissant filtrer une envie de renouveau, une (re)naissance.

C’est tout ça, et bien plus encore, que ce film raconte.

source : Allociné
source : Allociné

Cette comédie dramatique (j’avais lu « comédie romantique » alors au début je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus drôle, forcément) est vraiment bien, je crois qu’on peut tous plus ou moins se retrouver dedans, dans cet amour non partagé, dans cette jeunesse qui bouillonne, dans cette fuite du quotidien qui est un peu trop pesant, dans l’envie de mettre des paillettes et de la vie, dans parfois ce déni d’une épreuve, dans la colère réparatrice, dans la renaissance aussi, cette renaissance qui à la fois demande des forces, en mobilise des insoupçonnées et permet d’en acquérir de nouvelles.

J’ai trouvé que c’est un beau  film, vrai et à la fois pudique, avec un jeu d’acteurs sans chichis, juste et des décors très typés, avec un côté un peu dramatique. Et puis Bici est attachante, dynamisante, solaire presque, je suis sortie de là confiante, requinquée et en même temps très sereine.

Un joli film, en toute simplicité.

Bonne journée !

PS : Le sous-titre « Belge, belle, rock et ronde » ne reflète absolument pas la richesse du film, ne vous y attardez pas. Je n’avais pas vu l’affiche avant d’écrire l’article, et elle n’est pas du tout en accord avec le film (j’avoue, je ne comprends pas comment une telle affiche a pu être faite pour ce film, vraiment pas).

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Haïkaï – Bashô (et ses disciples)

30 août 201427 septembre 2014

Dans toutes les choses que j’apprécie concernant l’utilisation du Kindle, il y en a une que j’apprécie particulièrement, celle de pouvoir accéder gratuitement à des œuvres tombées dans le domaine public.

Ainsi, de temps en temps, je parcours la sélection d’ebooks Kindle gratuits et je télécharge des livres, surtout des « classiques » que j’estime comme fondamentaux et qui donc sont une espèce de lacune dans ma culture que j’essaie de combler*.

Ce recueil d’haïkaï, poésies traditionnelles japonaises, de Bashô et de ses disciples rentre dans cette catégorie.

source : amazon.fr
source : amazon.fr

Ce genre de poésie que l’on qualifie souvent de difficile à comprendre, est pour moi une source d’émotions : je suis touchée par cette économie de mots, émue par cette concision puissante.
Peut être que lorsqu’on arrive à imaginer les situations, à les « vivre » dans sa tête avec le plus de détails possibles, il est plus facile de saisir le sens de ces poèmes, d’en apprécier l’essence.
Parfois ce sont simplement des ressentis un peu tapis au fond de soi qui se réveillent doucement, qui reviennent en mémoire sans violence…

Beaucoup de choses
dans mon cœur. Laissons-les aller
au gré des mouvements du saule.

J’ai apprécié lire ce recueil, dans lequel je picorais quelques poèmes au gré de ma journée, pour y apporter une petite touche en plus.
Si vous êtes amateurs du genre et que vous aimez la nature, sa contemplation, nul doute que ce livre saura vous combler.

A noter, il y a quelques pages très intéressantes sur l’histoire de cette poésie et sur la vie de Bashô, très bien écrites et agréables à lire. Un peu de culture connexe ne fait pas de mal et permet d’apprécier encore mieux ces superbes poèmes. Dans le même registre, les notes apportent des commentaires éclairants pour apprécier les détails des haïkus.

Bonne journée !

* J’ai un complexe sans doute un peu sot, celui de manquer de culture littéraire, sans doute renforcé par le fait que j’aime beaucoup lire les œuvres classiques. Alors plutôt que de me morfondre dans mon coin de mon ignorance et de ce manque, j’essaie de lire quelques classiques de temps en temps, que je choisis toujours selon l’inspiration et l’envie du moment.

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The Happiness Project – Gretchen Rubin

27 août 20142 août 2016

La semaine dernière j’ai profité de quelques jours de vacances pour faire ce que je faisais peu : me reposer, prendre du temps pour moi, tricoter (le projet boulet avance !) et lire. Car même si j’ai l’habitude de lire dans les transports et un peu avant de me coucher, finalement je ne lis pas beaucoup je trouve, alors que c’est une activité que j’aime.

C’est ainsi qu’après avoir fini Les frères Karamazov de Dostoïevski, je suis partie en quête d’un livre divertissant pour occuper mes vacances, quelque chose de gai tant qu’a faire, qui me donne de l’énergie.

Qui dit vacances dit livre en VO, alors je me suis tournée vers The happiness project de Gretchen Rubin (Opération bonheur en VF), livre que j’ai depuis un certain temps dans ma liste à lire. Et puis quoi de mieux qu’un ouvrage sur le bonheur pour les vacances ?

Le pourquoi du livre et du projet, le voici.
Un après midi pluvieux, alors qu’elle prend le bus, Gretchen Rubin s’interroge sur ce qu’elle veut dans la vie, et en arrive à la conclusion qu’elle veut être heureuse, et décide de se lancer dans un projet sur un an à se concentrer sur son bonheur : à chaque mois une « ligne de conduite » avec des résolutions mesurables, qui se cumulent au fur et à mesure. Ainsi en Février, la ligne de conduite et les résolutions de ce mois-ci sont à remplir, mais aussi celles de Janvier. Le livre présente les choix faits par Gretchen et ce qu’elle a mis en place. A la fin, bien entendu, elle fait le bilan de son « happiness project ».

source : amazon.fr
source : amazon.fr

Ce livre j’en avais entendu beaucoup de bien, peut être que je m’attendais à quelque chose dans la même veine que Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert, à savoir un genre de récit initiatique, un livre qui présenterait de manière romancée la démarche de Gretchen Rubin.

En fait je suis un peu partagée, je l’apprécie sans vraiment l’aimer vous voyez ?

En premier lieu, contrairement à ce que je croyais, ce n’est pas un récit romancé. Chaque mois sont présentées la ligne directrice et les résolutions, et pour chacune d’entre elles quelques pages viennent expliquer comment elles ont été mises en place. Il n’y a pas de continuité dans le récit qui est fragmenté par résolutions et c’est un peu dommage, parce que du coup j’ai trouvé le livre un peu « froid ».

Ensuite, à la lecture, j’ai trouvé que certes l’auteur appuyait ses propos de moult références bibliographiques et d’extraits d’études (la liste des références est d’ailleurs disponible à la fin du livre), pourtant les résolutions ou les lignes de conduites sont abordées trop rapidement à mon goût. On a peu de détails sur les démarches, sur les tentatives (réussies et avortées), et je trouve que c’est un peu dommage, ça aurait mérité un peu plus d’approfondissement, d’explications, parce que finalement c’est ce qui fait la richesse du témoignage je trouve (non ?).

Autre chose qui me refroidit un peu, c’est que je n’ai pas réussi à m’identifier ou à avoir vraiment envie « de faire comme elle », quand bien même je me suis trouvée des points communs (pas forcément très glorieux, comme le fait d’être envieux, et d’autres plus acceptables, comme mon côté « underbuyer »), je ne me suis pas attachée à l’auteure, à son histoire, à son ressenti, à ses expériences.

En dépit de tout cela, à mes yeux, l’idée d’un happiness project est bonne, la méthode est bien structurée (la revue des résolutions à intervalles réguliers, ne sélectionner que des résolutions « mesurables » pour voir les efforts) et il y a de très bonnes idées pour améliorer sa qualité de vie (j’ai par exemple bien aimé le mois consacré aux relations sociales) et il y a des pistes intéressantes que j’aimerais explorer.

Finalement, si je fais un parallèle avec une recette de cuisine, il y a de bons ingrédients, la marche à suivre me semble bien et donner de bons résultats, mais malgré tout à la fin de la lecture, je n’ai pas envie de m’y mettre moi aussi, il manque un petit quelque chose, une petite étincelle, un je-ne-sais-quoi. En fait, j’aurais aimé lire un témoignage appuyé de détails pratiques plutôt qu’une méthode illustrée d’exemples réels.

Dommage, l’idée était prometteuse, mais, définitivement, le récit est trop froid pour qu’il me passionne.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en pensez-vous ?

Bonne journée !

PS : Pour ceux qui disposent d’un kindle et que l’anglais ne rebute pas, sachez que le livre en VO dans ce format est bien moins cher que pour tous les autres disponibles. A bon entendeur…

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Les frères Karamazov – Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski

21 août 20142 août 2016

(A vos souhaits !)

Habituellement, j’évite de parler des livres qu’on appelle des classiques que je peux lire, quand bien même ils m’auraient plu. La raison en est toute simple, presque facile : si ce sont des classiques, qu’est-ce que mon avis apporterait en plus alors que l’œuvre jouit déjà d’une réputation monumentale ?

Jusqu’aux 80% des frères Karamazov de Dostoïevski, je pensais que je ferais comme d’habitude, je n’en parlerais pas. Ce sont les dernières pages qui m’ont décidée : tant pis, même si ça n’apporte rien de plus à la réputation du roman (considéré comme un des plus grands chefs d’œuvre de la littérature mondiale quand même), si j’arrive à convaincre, ne serait-ce qu’une personne de lire ce livre et qu’elle l’apprécie, ce sera une belle victoire.

Les frères Karamazov c’est l’histoire d’un père, Fiodor Pavlovitch Karamazov, homme sans principes, dur, vulgaire, marié deux fois et aujourd’hui veuf, qui a trois enfants légitimes (Dmitri, Ivan et Alexei) et probablement un illégitime (Smerdiakov, qui est domestique et cuisinier de Fiodor Pavlovitch).

Chacun des trois fils est une incarnation des idéaux types de la Russie de l’époque : Dmitri est un homme passionné, voire impétueux, constamment tiraillé entre le vice et la vertu (représentation de « l’homme russe » selon Dostoïevski) ; Ivan est un intellectuel, philosophe, matérialiste aussi, qui ne croit pas en l’existence de Dieu ; Alexei, quant à lui, est un homme de foi, qui fait son apprentissage dans un premier temps auprès du starets Zosime qui l’enverra peu avant sa mort « se mêler au monde ».

L’ensemble de l’œuvre tourne autour d’un événement : le parricide. En effet, alors que les relations entre Fiodor Pavlovitch et ses fils sont compliquées, il est un soir retrouvé mort, vraisemblablement tué par un de ses fils pour une présumée affaire d’argent et de rivalité amoureuse…

source : le livre de poche
source : le livre de poche

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler et vous laisser découvrir toutes les pièces du puzzle, En tout cas, vous devez vous en douter, j’ai trouvé ce roman absolument passionnant. Les protagonistes sont bien fouillés, leurs relations sont parfois étonnantes, chacun a sa manière propre de s’exprimer (les polonais sont assez rigolos dans ce registre), le rythme de l’histoire est plaisant, il y a aussi des histoires dans l’histoire et pas une seule fois je ne me suis ennuyée. Pourtant, quand même, il faut bien l’avouer, il n’y a pas un suspense insoutenable (on se doute de qui va se faire accuser du parricide rapidement), mais je sais pas, je me suis prise au jeu, au fur et à mesure des pages il y a des zones de flou qui apparaissent dont on attend l’éclaircissement. J’ai bien aimé le narrateur omniscient, qui relate à la fois les événements et commente régulièrement avec ses idées et états d’âmes qui viennent apporter encore plus de profondeur au récit, comme par exemple dans cet extrait :

Le bourbier où il s’était enlisé volontairement lui faisait horreur et, comme beaucoup en pareil cas, il comptait surtout sur le changement de milieu : échapper à ces gens, aux circonstances, s’envoler de ce lieu maudit, ce serait la rénovation complète, l’existence transformée.

Et puis cette vivacité dans le discours, le lyrisme presque, ces personnages fougueux sont à la fois intéressants et pour certains attachants, tout cela concourt à tout le bien que je pense de ce livre.

N’écoutez pas votre première impression qui pourrait vous faire croire que c’est un gros pavé rébarbatif voire difficile d’accès : au contraire, c’est une épopée dans une famille russe, un déchirement entre la folie, le vice, la vertu, la raison, la foi, l’athéisme, une bataille familiale, un combat d’orateurs, un rythme saisissant.

Un chef d’œuvre, incontestablement, que je conseille aux amateurs du genre.

Bonne journée !

PS : Pour ceux que cela intéresse, j’ai lu l’oeuvre sur Kindle, et c’est très confortable pour lire, même un ouvrage de cette taille (mais je suis entraînée, j’avais déjà lu Guerre et Paix sur le Kindle) ! Et puis qu’est-ce que c’est pratique dans les transports en commun !

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Le conte de la princesse Kaguya

13 août 20142 août 2016

Samedi dernier, un peu de mal de tête, un peu en colère dès le matin (ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, ça m’arrive de temps en temps), je commençais à larver sur mon canapé en boudant. Et puis dans ma tête (et sur la table), cet article de Psychologies magazine sur le film dont je vais vous parler aujourd’hui, et une envie de sortir malgré tout, parce que je n’avais rien à faire de mieux et que sortir me ferait forcément du bien, même si j’y allais seule.

Je me suis donc décidée au dernier moment, j’ai mis 3 plombes à trouver le cinéma ABC (qui est très bien, il y avait une exposition photo qui avait l’air chouette d’ailleurs, mais je n’ai pas eu le temps de la regarder, je suis arrivée juste à temps !), et puis j’ai mis mes lunettes, je me suis assise et j’ai profité du spectacle…

Le conte de la princesse Kaguya, anime du studio Ghibli présente l’histoire d’un couple dont le mari s’occupe d’une bambouseraie.

Un jour, alors qu’il va couper des bambous, il découvre dans une pousse un tout petit bébé, qui grandira à une vitesse incroyable.

Bientôt rebaptisée « Pousse de Bambou » par les enfants du village et « Princesse » par ses parents adoptifs, la petite fille découvre son environnement, sa destinée étant influencée par les présents que son père trouve dans la bambouseraie…

source : allociné
source : allociné

Vous le savez déjà, j’aime beaucoup les animes, et celui-ci ne déroge pas à la règle : outre l’histoire rondement menée (il y a presque plusieurs histoires pendant le film), les personnages sont bien fouillés. L’histoire ne manque pas de rebondissements, il y a de l’émotion : on rit, on est triste parfois, on s’attache à la Princesse et aux différents protagonistes de l’histoire.

Le dessin est particulièrement beau à mes yeux, un peu « à l’ancienne », avec des couleurs transparentes à l’aquarelle et un train de crayon foncé, vif, simple mais très expressif. L’affiche de l’anime est représentative de la qualité des dessins tout au long du film.

Et puis il y a des sujets de fond, celui de la destinée, de l’attachement aux racines et du déracinement, de l’adaptation à un nouvel environnement pas forcément voulu, de l’orientation que l’on veut donner à sa vie, du lien que l’on a avec ses parents à vouloir leur faire plaisir (à tort ?), et pourtant ce besoin d’être le seul juge et maitre à bord de son histoire personnelle pour être heureux : la seule personne qui sait ce qui est bien pour nous, pour notre bonheur, c’est nous-mêmes, quels que soient les efforts et les bons sentiments mis en œuvre par nos proches pour nous rendre heureux.

En résumé, un bel anime pour tous : les petits seront ravis par le côté un peu « magique » de l’histoire, les grands pourront réfléchir un peu sur la morale du chemin de vie, mais la tendresse et la singularité de l’histoire plaira au plus grand nombre je pense.

Je suis sortie de là en me disant qu’il fallait que j’accorde plus de crédit en mes choix, que je croie plus fort en mes rêves, parce que la seule personne qui peut me rendre heureuse et me permettre de réaliser ce que je souhaite, c’est moi. Je le « savais » déjà, mais ce petit rappel n’est pas de refus.

Je vous le conseille chaleureusement, c’est une très belle histoire, émouvante, et on ne voit pas passer les 2h15.

Bonne journée !

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Bonjour ! Je suis Mnêmosunê, croqueuse de chocolat noir, lectrice invétérée, créatrice curieuse et artiste dans l'âme. Depuis 2021, j'ai deux minettes noires adorables, deux sœurs, Orphée et Cassiopée. Sur ce blog je partage mes expérimentations et états d'âme : on en parle ensemble ? ♥

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